Par Léopold DASSI NDJIDJOU
La nouvelle rendue publique par le ministre de l’Information, des médias et des services de radiodiffusion de la Gambie n’est pas de toute évidence une annonce anodine.
Si le communiqué à l’intention du public dit clairement que le transfert du principal challenger de Paul Biya à la dernière élection présidentielle se fait avec la coordination des parties, il va sans dire que les sous-entendus pèsent de tout leur poids. Banjul a fait savoir subrepticement à l’opinion que désormais, le dossier Issa Tchiroma Bakary est géré par le trio anglophone composé du Nigeria, de la Gambie et des États-Unis.
Si les deux pays africains sont gérables par Yaoundé, il en va autrement du pays de l’Oncle Sam avec un Donald Trump particulièrement incisif et interventionniste sur la scène internationale. A l’évocation de son seul nom, il y a comme une traînée de psychose à travers le monde surtout avec la récente capture médiatisée du couple présidentiel vénézuélien dans son palais à Caracas.
On pourrait rétorquer qu’il s’agit d’un théâtre lointain tout comme dans le golfe Persique où Donald Trump n’a pas encore terminé de donner des insomnies au régime des Mollahs. Que dire donc dans ce cas de la récente frappe des États-Unis au Nigeria, visant les partisans de l’État islamique à cause de la maltraitance que ces derniers infligent aux chrétiens au nord du pays? Ce n’est un secret pour personne, l’arrivée de Issa Tchiroma aux Usa serait un alibi supplémentaire pour inciter Washington à lorgner du côté de Yaoundé avec plus de pression et de détermination.
Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le pouvoir du moment où le concerné ne se prive pas d’annoncer régulièrement son prochain retour triomphal au Cameroun. En plus de l’outil de pression politique de choix que serait Issa Tchiroma Bakary entre les mains des Etats-Unis, il y la crise anglophone qui fait yoyo depuis bientôt une dizaine d’années. Elle est de ce fait le ventre mou de la sécurité du pays, où tous les ogres pourraient y mettre l’œil ou le pied pour se donner bonne conscience dans sa dynamique de nuisance À Yaoundé, croit-on aussi savoir, le N’nom Ngui n’est pas lui aussi né de la dernière pluie.
