Par Matheo Enrique
Le Venezuela a franchi une étape majeure dans la gestion de son contentieux politique avec l’adoption d’une loi d’amnistie destinée à libérer des personnes détenues pour des motifs liés à des conflits politiques passés. La loi, approuvée jeudi à l’unanimité par l’Assemblée nationale dominée par le chavisme et promulguée dans la foulée, pourrait permettre la remise en liberté de centaines de prisonniers politiques.
Au cours de la nuit de vendredi à samedi, le député chargé du processus a annoncé que 379 prisonniers politiques avaient été amnistiés et seraient libérés dans les prochaines heures, dans le cadre de l’application de cette loi. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de changements politiques après l’arrestation début janvier de l’ancien président Nicolás Maduro lors d’une opération des forces spéciales américaines.
Selon l’Ong Foro Penal, près de 448 personnes considérées comme détenues pour des motifs politiques avaient déjà été libérées depuis début janvier, même si plusieurs centaines de détenus restent encore derrière les barreaux et que certains bénéficient seulement de libérations conditionnelles.
Le gouvernement intérimaire a présenté cette loi comme une « étape décisive pour la stabilité de la nation » et un geste de réconciliation après des années de forte polarisation politique. Cependant, cette démarche suscite des réserves importantes. Des opposants et des défenseurs des droits humains pointent du doigt les limites de la loi d’amnistie, qui exclut certaines catégories de détenus et s’accompagne de conditions restrictives sur la liberté retrouvée.
D’autres familles de prisonniers restent mobilisées, certaines campant devant des centres de détention pour réclamer la libération de leurs proches toujours emprisonnés. Pour beaucoup, l’adoption de la loi est un signe de progrès, mais elle ne répond pas à toutes les attentes d’une société marquée par des années de répression et de tensions politiques.
