Par Sandra Embollo
La confrontation entre Samuel Eto’o et certains de ses détracteurs prend désormais une dimension politique.
Sur son compte Facebook, le président de la Fédération camerounaise de football a relayé une interview de Salomon Beas, ancien militant du Mrc, qui affirme avoir assisté à des réunions au sein du parti consacrées à une stratégie visant à « détruire Samuel Eto’o ». Il accuse également son ancienne formation d’avoir rémunéré des influenceurs pour attaquer l’image et la réputation du dirigeant de la Fecafoot. Ces affirmations n’ont pas été établies de manière indépendante.
Selon Salomon Beas, cette hostilité trouverait son origine dans le soutien affiché par Samuel Eto’o à Paul Biya lors de l’élection présidentielle de 2018.
Samuel Eto’o a accompagné la vidéo d’un message dans lequel il dénonce l’action d’un groupe de personnes qui, selon lui, œuvre contre les intérêts du Cameroun. Il ne les identifie cependant pas directement dans son texte.
Le Mrc dément catégoriquement
Quelques heures après la diffusion de ces accusations, le Mrc a officiellement réagi.
Dans un communiqué signé à Yaoundé par Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint chargé par intérim de la communication, le parti affirme n’avoir jamais organisé de réunions de son Directoire destinées à combattre Samuel Eto’o ni financé des influenceurs pour ternir son image.
Le Mrc souligne également que Salomon Beas n’a jamais été membre de son Directoire lorsqu’il militait dans le parti. La formation politique affirme que cet organe n’a jamais débattu des prises de position politiques de Samuel Eto’o et rappelle que celui-ci demeure libre de soutenir la personnalité ou la formation politique de son choix.
La controverse intervient en pleine affaire des fonds russes
Cette confrontation survient alors que Samuel Eto’o et la Fecafoot font parallèlement face à des interrogations concernant 567 570 euros liés au match amical Russie-Cameroun du 12 octobre 2023.
Selon les informations publiées ces derniers jours, deux paiements de 455 056 euros et 112 514 euros étaient destinés à un compte ouvert au nom de Samuel Eto’o à la Qatar National Bank de Doha. D’anciens responsables de la Fecafoot réclament des explications sur la destination finale de ces fonds.
L’entourage du président de la Fecafoot explique que le recours à ce compte aurait été rendu nécessaire par des contraintes bancaires et les sanctions internationales touchant la Russie, Samuel Eto’o ayant, selon cette version, servi d’intermédiaire pour la fédération. Les éléments publics consultés ne permettent toutefois pas d’établir de manière indépendante le parcours final de la totalité des fonds.
La diffusion des accusations de Salomon Beas ouvre ainsi un nouveau front autour de Samuel Eto’o : à la controverse sur la gestion financière de la Fecafoot s’ajoute désormais une confrontation publique avec le Mrc, qui rejette toute implication dans une campagne organisée contre le président de la fédération.
