Par Armand Soussia
Selon les premières informations recueillies sur place, plusieurs milliers d’assaillants — environ 5 000 d’après des sources locales — ont envahi cette zone frontalière du Nigeria, ciblant les forces de sécurité, les infrastructures publiques et les habitations.
Un soldat camerounais a été tué au cours de l’assaut. L’école publique et le commissariat de la localité ont été incendiés, ainsi que plusieurs maisons. Une enfant a également été enlevée par les terroristes.
Avant leur retrait, les assaillants ont détruit l’antenne du réseau de télécommunications, isolant partiellement Tourou et compliquant la remontée des informations. Le bilan matériel pourrait s’alourdir à mesure que les communications seront rétablies.
Les forces de défense et de sécurité ont été déployées dans la zone. Des opérations sont en cours pour sécuriser la localité, retrouver l’enfant enlevée et poursuivre les assaillants.
Tourou, proche de la frontière nigériane, demeure l’une des localités les plus exposées aux incursions de Boko Haram dans l’Extrême-Nord. En avril dernier, une attaque contre son marché avait déjà fait au moins deux morts et plusieurs blessés. Malgré les opérations de l’armée camerounaise et de la Force multinationale mixte dans le bassin du lac Tchad, les groupes terroristes conservent une capacité de nuisance importante dans le Mayo-Tsanaga, le Mayo-Sava et le Logone-et-Chari.
Aucun communiqué officiel n’avait encore été publié au moment de la rédaction de cette dépêche. Le nombre de 5 000 assaillants et le bilan annoncé restent donc à confirmer par les autorités camerounaises.
