Par Sandra Embollo
L’ordonnance a été rendue à 12 heures par le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou. Les requérants demandaient à la justice de désigner un mandataire ad hoc investi de missions destinées, selon leurs conclusions, à « normaliser » le fonctionnement interne du MRC. Ils contestaient notamment les conditions du retour de Maurice Kamto à la tête du parti en décembre 2025.
La défense du Mrc avait contesté la compétence du juge des référés pour intervenir dans l’organisation interne d’un parti politique. Le ministère public avait également conclu à l’incompétence de la juridiction saisie. Le tribunal a finalement retenu cette exception.
La décision ne tranche donc pas le fond du conflit relatif à la gouvernance du Mrc. Elle signifie que le tribunal saisi en référé ne se reconnaît pas compétent, en raison de la matière, pour statuer sur la demande qui lui était présentée. Les requérants ont été renvoyés à « mieux se pourvoir », c’est-à-dire à utiliser, s’ils le souhaitent, une autre voie juridictionnelle.
Lors de l’audience du 15 septembre, Willy Mengue, Laure Noutchang et Sébastien Mbala Wouria II étaient absents. Un collaborateur de leur conseil avait toutefois déposé des conclusions maintenant la demande de désignation du mandataire ad hoc. Les débats avaient alors été clôturés et l’affaire mise en délibéré au 17 septembre.
Le contentieux trouve son origine dans les contestations apparues autour du retour de Maurice Kamto à la présidence du Mrc lors de la convention extraordinaire du 21 décembre 2025. Willy Mengue et d’autres contestataires ont remis en cause la régularité de cette réorganisation interne et porté le différend devant la justice.
Le conflit s’est parallèlement déplacé sur le terrain disciplinaire. Willy Mengue a été exclu du Mrc à la suite d’une procédure interne, tandis que la bataille judiciaire s’est poursuivie autour de la gouvernance et du fonctionnement des instances du parti.
Au fil des audiences, les avocats du Mrc ont défendu l’idée que le juge des référés ne pouvait pas intervenir de la manière demandée dans l’administration interne d’une formation politique. Les requérants ont maintenu, de leur côté, leur demande de désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc.
La situation politique interne du Mtc a ensuite connu un changement majeur le 8 septembre 2026, avec la démission de Maurice Kamto de la présidence nationale du parti. Mamadou Yacouba Mota a également quitté ses fonctions de premier vice-président. Le Mrc a annoncé l’organisation d’une convention nationale extraordinaire afin de renouveler sa direction.
L’ordonnance rendue le 17 septembre intervient donc alors que le parti est engagé dans une transition à sa tête. Elle ne constitue pas une décision judiciaire sur la légitimité de l’une ou l’autre des parties au conflit interne : le tribunal a uniquement statué sur sa compétence pour examiner la demande introduite en référé.
