Par Madani Charaf
La décision s’inscrit dans la politique de sanctions américaines visant des responsables de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Washington reproche notamment aux dirigeants palestiniens de chercher à « internationaliser » le conflit israélo-palestinien, en particulier à travers des démarches devant des juridictions et organisations internationales.
L’administration Trump invoque également des préoccupations liées au soutien au terrorisme et reproche à l’Autorité palestinienne de ne pas avoir suffisamment rompu avec certaines formes d’extrémisme. L’Autorité palestinienne conteste ces accusations et considère les restrictions américaines comme une atteinte à ses relations avec Washington et aux efforts en faveur d’une solution à deux États.
Cette mesure intervient alors que la réglementation américaine entrée en vigueur le 1er janvier 2026 suspend largement l’entrée et la délivrance de visas aux personnes voyageant avec des documents délivrés ou endossés par l’Autorité palestinienne, tout en prévoyant certaines exceptions, notamment pour plusieurs catégories diplomatiques et officielles.
Abbas autorisé à s’exprimer par vidéo
Face au refus américain, l’Assemblée générale de l’Onu a adopté jeudi une résolution permettant à Mahmoud Abbas de participer à distance. Le texte a recueilli 152 voix pour, trois contre et quatre abstentions. Il autorise également d’autres hauts responsables palestiniens à participer virtuellement à certaines réunions de l’Onu au cours de l’année s’ils sont empêchés de se rendre aux États-Unis.
Le différend pose de nouveau la question des obligations des États-Unis en leur qualité de pays hôte du siège des Nations unies. L’accord de siège de 1947 encadre l’accès des représentants étrangers aux réunions de l’organisation, tandis que Washington invoque des exceptions et ses pouvoirs en matière de sécurité nationale et de politique étrangère.
La 81e session de l’Assemblée générale réunira les dirigeants mondiaux à New York à partir du 22 septembre 2026, avec notamment les conflits au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine, le Soudan et le climat parmi les principaux dossiers diplomatiques attendus.
