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Cameroun | Bipartites Socapalm – Sanaga-Maritime – Moungo : Les communautés misent sur la mutualisation

De Déhané à Bomono Gare, les rencontres bipartites du troisième trimestre 2026 entre la Socapalm et les communautés riveraines ont placé au cœur des échanges les préoccupations foncières, le suivi des projets sociaux et la recherche de solutions collectives.

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Par Zobel A. Mbon

À Édéa, plusieurs villages ont choisi de mutualiser leurs dotations afin de donner davantage d’envergure à leurs projets communautaires.

Entamée dans la Sanaga-Maritime, notamment à Déhané et Koukoué, la tournée des rencontres bipartites du troisième trimestre 2026 s’est poursuivie dans le Moungo. L’équipe de la Socapalm a ainsi échangé avec les communautés de plusieurs localités de l’arrondissement de Dibombari, parmi lesquelles Mbonjo I, Mbonjo II, Bomono Ba Mbengue I et II, Kende, Souza et Bomono Gare.

Au fil des étapes, trois sujets ont structuré les discussions : le foncier, l’état d’avancement des projets communautaires et le fonctionnement des mécanismes de dialogue entre l’entreprise et les populations riveraines.

Le foncier reste au centre des préoccupations
La question de l’accès à la terre demeure l’une des principales préoccupations exprimées par les communautés.

À Déhané, les représentants du village ont notamment plaidé pour la mise à disposition d’espaces permettant aux familles de développer leurs activités agricoles. À Bomono Gare, les échanges ont porté sur une demande concernant 600 hectares, en référence aux discussions foncières antérieures et aux engagements évoqués lors de la tripartite de janvier 2025.

À Bomono Ba Mbengue, les représentants communautaires ont, pour leur part, exprimé des réserves sur les modalités de restitution de certaines terres et insisté sur la nécessité de préserver les massifs forestiers.

Face à ces différentes préoccupations, la Socapalm a rappelé que les décisions relatives à l’affectation et à l’arbitrage fonciers relèvent des autorités administratives compétentes.

Les échanges ont ainsi fait ressortir la nécessité de poursuivre le traitement de ces questions dans le cadre tripartite réunissant l’administration, les communautés et l’entreprise.

Des projets sociaux passés au crible
Les rencontres ont également permis d’évaluer l’état d’avancement des projets communautaires engagés et de préciser les priorités pour 2026.

À Bomono Ba Mbengue I, le forage réalisé au bénéfice de la communauté doit encore faire l’objet d’un raccordement au réseau d’eau. Cette opération, qui ne figurait pas dans le devis initial du prestataire, nécessite une concertation complémentaire avec les parties concernées.

À Bomono Ba Mbengue II, le château d’eau inauguré le 19 juin 2025 constitue l’un des projets déjà réalisés. Pour 2026, la communauté envisage désormais un projet de formation des jeunes à l’élevage porcin et avicole, dont le budget doit encore être ajusté.

À Kende, les échanges ont porté sur la finalisation du projet de ferme agricole avec le prestataire. À Bomono Gare, l’adduction en eau potable figure parmi les priorités identifiées, avec plusieurs offres techniques et financières à examiner afin de retenir une solution compatible avec l’enveloppe disponible.

À Mbonjo I, Mbonjo II et Souza, les discussions ont notamment permis de faire le point sur les actions déjà engagées et les besoins restant à consolider.

À Édéa, mutualiser pour changer d’échelle

L’une des principales évolutions observées au cours de cette tournée est venue des communautés de la zone d’Édéa.

Face aux limites que peut représenter une dotation prise isolément, plusieurs chefs ont proposé de mettre en commun les enveloppes destinées à leurs villages. Déhané, Mpongo et Koukoué envisagent ainsi de regrouper leurs dotations, pour constituer une enveloppe globale de six millions de FCFA.

L’objectif : passer de plusieurs initiatives de faible ampleur à un projet commun susceptible de bénéficier à un plus grand nombre.

Plusieurs pistes sont à l’étude, parmi lesquelles la pisciculture, l’élevage bovin, la construction d’une infrastructure communautaire ou encore la réalisation d’un ouvrage d’accès à l’eau.

Cette approche traduit une évolution dans la manière de concevoir les projets sociaux : mutualiser les ressources disponibles pour rechercher davantage d’impact, de pérennité et d’utilité collective.

Un dialogue de proximité qui se structure

Au-delà des projets, les échanges ont également permis de mesurer l’évolution des relations entre les plantations et leurs communautés riveraines.
À Déhané, les représentants communautaires ont notamment relevé une plus grande proximité avec les responsables de la plantation et une fréquence accrue des échanges sur le terrain. Les cadres de concertation associant autorités administratives, communautés et entreprise contribuent également à structurer le suivi des préoccupations exprimées.

Des points de divergence subsistent toutefois.
À Kende, des interrogations ont notamment été soulevées sur les modalités de recrutement des travailleurs occasionnels. L’équipe de la Socapalm a indiqué que les recrutements sont effectués en fonction des besoins opérationnels des plantations et des critères applicables.

À Koukoué, les échanges ont également porté sur les perspectives d’emploi local et sur l’accès des populations riveraines aux opportunités disponibles.

Plaintes, environnement et sécurité

Les dispositifs rappelés,
Chaque étape de la tournée a enfin permis de présenter ou de rappeler aux communautés plusieurs dispositifs en vigueur au sein de la Socapalm.

Les échanges ont notamment porté sur la plateforme Ulula, mécanisme de gestion des plaintes accessible par différents canaux, ainsi que sur les mesures de protection des zones à haute valeur de conservation et des cours d’eau, conformément aux référentiels applicables, notamment les principes et critères RSPO.

Les équipes ont également présenté les dispositions relatives à l’hygiène, à la sécurité et à l’environnement.

Le suivi des rejets et effluents, notamment, repose sur des contrôles réguliers et des dispositifs de traitement dédiés.

Des documents d’information ont été mis à la disposition des communautés afin de faciliter l’accès à ces différents mécanismes et procédures.

De la concertation à l’exécution

Au terme de cette étape de la tournée, les rencontres bipartites confirment leur rôle de cadre de dialogue de proximité, mais également de suivi concret des engagements pris entre l’entreprise et les communautés.

La mutualisation envisagée par plusieurs villages d’Édéa en constitue l’un des enseignements majeurs : plutôt que de disperser les ressources, les communautés explorent désormais la possibilité de les réunir autour de projets communs à plus forte portée collective.

La question foncière, compte tenu de sa nature et des compétences qu’elle mobilise, devra poursuivre son traitement dans les cadres de concertation associant les autorités administratives compétentes.

Pour les projets communautaires, l’enjeu est désormais celui de l’exécution : finaliser les études, maîtriser les coûts, sélectionner les prestataires et assurer un suivi régulier jusqu’à la livraison effective des réalisations.

Car au-delà des réunions et des engagements, c’est sur le terrain que se mesure la qualité du dialogue : dans la capacité des parties à transformer les préoccupations exprimées en solutions réalistes, suivies et durables.

La tournée des rencontres bipartites se poursuivra dans d’autres communautés riveraines des plantations de la Socapalm, notamment dans la zone de Kienké.

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