Par Joël Onana
L’affaire avait éclaté début septembre autour d’un conteneur arrivé au port de Bata. Selon les premières informations publiées par Jeune Afrique et reprises par plusieurs médias, des armes auraient été découvertes dans le chargement et les autorités auraient été alertées par des renseignements russes sur un projet visant à renverser le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.
Mais Malabo a ensuite formellement contesté ce scénario. Dans un communiqué du 4 septembre, le gouvernement a rejeté les informations relatives à une tentative de coup d’État, affirmant qu’elles n’étaient pas étayées par des « preuves objectives, vérifiables et suffisantes ». Il a également demandé à Jeune Afrique de rectifier sa publication.
Selon les informations publiées le 16 septembre, l’affaire du conteneur serait désormais présentée par les autorités comme relevant notamment d’une fraude douanière portant sur des marchandises telles que des produits alimentaires, des médicaments et des biens de consommation, et non comme une opération destinée à renverser le pouvoir.
Des proches d’opposants interpellés
Le démenti officiel n’efface cependant pas les arrestations. Depuis la fin du mois d’août, plusieurs dizaines de proches de responsables de la Coalition pour la restauration d’un État démocratique (Cored) auraient été interpellés et interrogés par les services de sécurité. Les familles de Salomon Abeso Ndong et de Filiberto Manale Andem figureraient parmi les principales personnes visées. Quatre personnes seraient toujours détenues, sans que les accusations précises retenues contre elles aient été rendues publiques.
La Cored rejette toute implication dans un projet de putsch. L’organisation reconnaît qu’un conteneur avait été expédié par Filiberto Manale Andem à destination de sa famille, mais affirme qu’il contenait uniquement des biens de consommation.
Cette séquence intervient dans un contexte politique particulièrement sensible autour du pouvoir de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, à la tête de la Guinée équatoriale depuis 1979. Les informations actuellement disponibles ne permettent pas d’établir indépendamment l’existence d’un projet de coup d’État ; le gouvernement équato-guinéen affirme désormais explicitement qu’aucune tentative de putsch n’a eu lieu.
