Par Ilyass Chirac Poumie
Dans une décision rendue publique ce lundi, Mvogo Syllac, préfet du département du Wouri, a décrété l’interdiction totale de toute manifestation, marche ou attroupement dans les rues de Douala jusqu’à
« la prestation de serment du nouveau président de la République ».
Cette mesure, justifiée selon les autorités par la nécessité de préserver l’ordre public et d’éviter « toute tentative de déstabilisation », intervient dans un climat de tension politique marqué par les revendications de victoire d’Issa Tchiroma Bakari et les contestations du camp présidentiel sortant.
Le préfet a rappelé que
« tout regroupement ou attroupement non déclaré sera considéré comme une infraction »,
précisant que même les rassemblements de petite taille tomberaient sous le coup de la loi.
Dans la capitale économique, la rumeur est déjà vive :
« À Douala, si vous marchez à quatre, vous risquez de vous retrouver à New Bell »,
ironise un habitant, en référence à la prison centrale de la ville.
Les forces de maintien de l’ordre ont été déployées aux points stratégiques — notamment à Akwa, Bonanjo et Bépanda — où des contrôles renforcés sont signalés. Plusieurs associations citoyennes dénoncent une « mesure liberticide » et appellent au calme pour éviter toute confrontation.
Cette interdiction survient alors que le Cameroun traverse une période d’incertitude post-électorale. Tandis que le Conseil constitutionnel s’apprête à statuer sur les résultats du scrutin du 12 octobre, les partisans d’Issa Tchiroma multiplient les appels à la reconnaissance de leur victoire.
À Douala, principal foyer économique et centre d’expression politique, les autorités semblent vouloir prévenir toute démonstration de rue susceptible d’enflammer la situation.
