Par Cynthia Konan Tawa, À Abidjan
La scène politique ivoirienne s’embrase à l’approche du scrutin présidentiel du 25 octobre. Depuis l’annonce, le 29 juillet dernier, de la candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat consécutif, la tension ne cesse de monter dans le pays. Une décision justifiée par le chef de l’État au nom du « devoir national », mais perçue par une large frange de la population comme une confiscation du pouvoir.
La campagne, marquée par l’éviction de plusieurs figures d’opposition, met en lumière les fragilités démocratiques du système politique ivoirien.
« Cette élection illustre la fermeture du champ politique et l’épuisement du modèle post-crise », analyse Camille Popineau, chercheuse au CERAPS.
Pour Richard Banégas, professeur à Sciences Po, « la longévité du régime Ouattara traduit à la fois une continuité institutionnelle et un blocage démocratique ».
Sur le terrain, la jeunesse — autrefois moteur du renouveau politique — affiche un désenchantement croissant. Entre chômage, désillusion et peur des violences post-électorales, beaucoup d’Ivoiriens redoutent une répétition des crises du passé.
Depuis la fin de la guerre post-électorale de 2010-2011, la Côte d’Ivoire peine à reconstruire un espace politique pluraliste. Si le pays a retrouvé une croissance économique soutenue, la réconciliation nationale reste inachevée. L’élection de 2025 intervient dans un contexte de lassitude sociale et d’inquiétude sécuritaire, où chaque signe de tension est scruté comme un possible détonateur. Pour de nombreux observateurs, ce scrutin constitue moins une compétition électorale qu’un test de maturité pour la démocratie ivoirienne.
