Par Joël Onana
Selon les informations rapportées par son entourage, Léonie Alvine Kapnang a été extraite de son véhicule avant d’être conduite vers une destination inconnue. Ce n’est qu’ultérieurement qu’il a été indiqué qu’elle aurait été transférée dans les locaux de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), à Yaoundé.
À ce jour, les autorités n’ont fourni aucune explication sur les motifs de son interpellation ni sur les faits qui lui seraient reprochés. Son avocat, Me Sother Menkem, affirme ne toujours pas avoir pu rencontrer sa cliente malgré plusieurs démarches entreprises auprès des administrations compétentes.
Le conseil de la femme d’affaires dit avoir saisi le ministère de la Justice, la DGRE, la Commission nationale des droits de l’homme ainsi que les services du Premier ministre afin d’obtenir des informations sur la situation de sa cliente et de faire respecter ses droits. Selon lui, aucune de ces institutions n’a, pour l’instant, répondu à ses sollicitations.
Cette disparition prolongée sans communication officielle ravive de douloureux souvenirs au sein de l’opinion publique. Plusieurs observateurs établissent un parallèle avec l’affaire du journaliste d’investigation Martinez Zogo, enlevé en janvier 2023 avant que son corps ne soit retrouvé quelques jours plus tard dans la périphérie de Yaoundé. Les enquêtes judiciaires ouvertes dans ce dossier avaient mis en cause des agents de la DGRE dans les actes de torture ayant précédé sa mort.
L’absence d’informations sur le sort de Léonie Alvine Kapnang alimente désormais les inquiétudes de ses proches et des défenseurs des droits humains, qui réclament que toute la lumière soit faite sur les circonstances de son arrestation, son lieu exact de détention et son état de santé.
