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Cameroun | Foncier: La Socapalm dément tout conflit judiciaire direct avec les populations d’Apouh et réaffirme son engagement pour une régularisation foncière responsable

À la suite de publications largement relayées sur les réseaux sociaux faisant état d’un supposé conflit foncier direct entre la Société Camerounaise de Palmeraies, Socapalm, et les communautés riveraines d’Apouh, à Édéa, l’agro-industriel a tenu à apporter des clarifications.

by world top news
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Par Zobel A Mbon

Dans un communiqué rendu public le 15 juin dernier, l’entreprise rétablit les faits et rappelle l’important travail de mise en conformité foncière engagé depuis plusieurs années.

D’entrée de jeu, la Socapalm précise qu’il n’existe aucun procès l’opposant directement aux populations d’Apouh.

Selon l’entreprise, le dossier évoqué devant les juridictions, et renvoyé au 2 juillet, concerne plutôt la communauté d’Apouh et l’État du Cameroun.

Il s’inscrit dans une problématique plus large de clarification du domaine national, dans un contexte où la sécurisation foncière demeure un enjeu majeur au Cameroun.

L’entreprise rappelle également que les titres fonciers au cœur des débats sont des héritages historiques issus des anciennes plantations de la Sproa et de la Société des Palmeraies de la Ferme Suisse, deux structures coloniales puis para-publiques reprises par la Socapalm dans le cadre de son évolution institutionnelle, notamment après sa privatisation et la fusion-absorption intervenue en 2010.

Certains actes remontent aux années 1960, à une période où les procédures de délimitation foncière étaient moins précises qu’aujourd’hui.

C’est précisément pour tenir compte de cette réalité historique que la Socapalm affirme avoir engagé, depuis plusieurs années, un vaste processus d’audit, d’actualisation cadastrale et de sécurisation juridique de ses concessions.

Loin d’une posture de fermeture, l’entreprise indique travailler en collaboration avec l’État du Cameroun, notamment à travers le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, , afin de clarifier les périmètres réellement exploités et de corriger les éventuelles incohérences héritées du passé.

Cette démarche, engagée depuis 2017, vise à reconstituer avec précision les limites des concessions, à les confronter aux réalités du terrain et à sécuriser juridiquement les espaces effectivement mis en valeur sur les cinq plantations que compte l’entreprise dans les régions du Littoral et du Sud-ouest .

L’une des étapes majeures de ce processus a été la mission technique conjointe Mindcaf -Socapalm menée en septembre 2022. Pendant plusieurs semaines, géomètres, agents du cadastre, représentants de l’administration et autorités locales ont sillonné les plantations afin de comparer les limites théoriques des titres fonciers aux réalités observées sur le terrain.

Cette opération s’est appuyée sur des outils modernes de géolocalisation, notamment le Gps, ainsi que sur des travaux de bornage physique.

Pour la Socapalm, cette démarche traduit une volonté de transparence, de responsabilité et de conformité. Elle s’inscrit également dans les exigences des standards Rspo, certification internationale dédiée à la production durable d’huile de palme, qui accorde une place importante au dialogue avec les communautés, à la traçabilité foncière et au respect du consentement libre, préalable et éclairé.

Au-delà des déclarations, l’entreprise met en avant des actes concrets.

À Eséka, à l’issue des travaux cadastraux, la Socapalm a proposé la rétrocession à l’État de 8 834,08 hectares non exploités sur une superficie initiale de 13 954 hectares. Cette opération a permis de recentrer l’activité de l’entreprise sur les zones effectivement mises en valeur, tout en remettant les terres non exploitées dans le circuit de développement national.

Le site a depuis été cédé à un autre investisseur, dans la perspective de renforcer la filière huile de palme au Cameroun.

À Dibombari, 2 566,93 hectares ont également été proposés en restitution. Selon l’entreprise, ces rétrocessions volontaires, validées par les autorités compétentes, participent à l’assainissement du foncier, à la réduction des zones de tension et à une meilleure lisibilité des espaces exploités. Le processus se poursuit actuellement sur d’autres sites, notamment Mbongo, Mbambou et Kienké. Dans le cas spécifique d’Édéa, où la tension médiatique est particulièrement vive, la Socapalm assure que les travaux de reconstitution des limites des titres contestés avancent dans un cadre contradictoire et encadré par les autorités administratives.

Une première descente de terrain réunissant l’administration, des experts techniques et des représentants de la communauté d’Apouh a déjà eu lieu. Selon le calendrier arrêté avec le préfet de la Sanaga-Maritime, l’objectif est de faire toute la lumière sur le périmètre concerné avant toute conclusion définitive.

Cette approche témoigne, selon l’entreprise, d’une volonté de privilégier la méthode, le dialogue institutionnel et la vérité cadastrale, plutôt que les raccourcis médiatiques ou les interprétations partielles.

Pour rappel, la Socapalm exploite environ 58063 hectares au Cameroun et emploie plus de 8 000 salariés directs et indirects. Acteur majeur de la filière palmier à huile, elle occupe une place stratégique dans l’économie agro-industrielle nationale, à travers la création d’emplois, la production locale, l’accompagnement des bassins de vie et la contribution à la structuration de la filière.

Consciente de la sensibilité des questions foncières au Cameroun, la Société Camerounaise de Palmeraies appelle les médias, les leaders d’opinion et le public à faire preuve de prudence dans le traitement de ce dossier. Elle recommande de privilégier les informations officielles émanant du mindcaf des préfectures compétentes et des autorités administratives directement impliquées dans les opérations de clarification foncière.

À travers cette mise au point, la Socapalm entend réaffirmer sa disponibilité au dialogue, son respect des procédures légales et son engagement à poursuivre, avec l’État et les communautés concernées, un processus de régularisation foncière transparent, progressif et responsable.

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