Par Hugo Fouquet
Selon le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, les défenses antiaériennes russes ont été mobilisées durant plusieurs heures pour repousser l’assaut. Les autorités russes affirment qu’environ 180 drones se dirigeant vers la capitale ont été interceptés, tandis que le ministère russe de la Défense annonce avoir détruit 555 drones ukrainiens sur l’ensemble du territoire russe au cours de la même nuit. Malgré ce dispositif, plusieurs appareils sont parvenus à atteindre leurs objectifs.
La cible principale semble avoir été la raffinerie de Moscou exploitée par Gazprom Neft. Des explosions suivies d’un important incendie ont été signalées sur le site, provoquant d’épais nuages de fumée noire visibles à plusieurs kilomètres. Cette installation est considérée comme l’une des plus importantes infrastructures énergétiques de la région moscovite. Elle fournit jusqu’à 40 % de l’essence consommée dans la capitale et près de la moitié du diesel utilisé dans l’agglomération.
Le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, a fait état d’au moins seize blessés. Plusieurs bâtiments résidentiels et industriels ont également été endommagés par les impacts ou par les débris des drones abattus. Les autorités ont temporairement interrompu la circulation sur certaines voies autour de la raffinerie et suspendu les opérations dans plusieurs aéroports de Moscou, entraînant des retards et des annulations de vols.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a revendiqué l’opération en la présentant comme une « riposte justifiée » aux bombardements russes menés récemment contre plusieurs villes ukrainiennes, notamment Kiev. Il a affirmé que les drones ukrainiens avaient réussi à franchir plusieurs couches de défense aérienne protégeant la capitale russe et que cette attaque démontrait la capacité de l’Ukraine à frapper des cibles stratégiques en profondeur sur le territoire russe.
Pour les analystes militaires, cette offensive constitue un tournant symbolique majeur. Alors que Moscou était longtemps apparue comme relativement protégée des conséquences directes de la guerre, les frappes répétées contre ses infrastructures énergétiques montrent la montée en puissance des capacités de frappe à longue portée développées par l’Ukraine.
Cette attaque intervient quelques jours seulement après une précédente frappe ukrainienne contre la même raffinerie de Kapotnya. Kiev affirme cibler les infrastructures énergétiques russes afin de réduire les ressources financières et logistiques soutenant l’effort de guerre de Moscou. En réaction, des responsables russes ont annoncé que les frappes contre l’Ukraine allaient être intensifiées dans les prochains jours, faisant craindre une nouvelle phase d’escalade entre les deux belligérants.
