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Cameroun – OIM | Migration et investissement: Le gouvernement mise sur la diaspora pour accélérer le développement économique

Le gouvernement camerounais semble vouloir donner une nouvelle dimension à sa politique migratoire. Le lundi 3 août, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé a reçu une délégation de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), conduite par son chef de mission au Cameroun, Abdel Rahmane Diop, afin de renforcer la coopération autour de la migration comme moteur de développement économique.

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Par Julie Peh

Selon les deux parties, l’ambition est claire : faire de la diaspora camerounaise non plus seulement un acteur des transferts de fonds, mais un véritable partenaire de création de richesses, d’entreprises et d’emplois. L’OIM indique que, depuis quatre ans, près de 10 000 Camerounais ont été accompagnés dans leur retour et leur réintégration, contribuant à la création de plus de 4 900 entreprises avec l’appui de ses partenaires.

Cette rencontre intervient dans un contexte où les autorités camerounaises multiplient les appels à la diaspora pour participer davantage au financement de l’économie nationale. Ces dernières années, plusieurs responsables publics ont encouragé les Camerounais établis à l’étranger à investir dans les secteurs productifs, à soutenir l’entrepreneuriat local et à contribuer à la mobilisation de ressources pour le développement du pays. Les transferts de la diaspora représentent déjà plusieurs centaines de milliards de fcfa chaque année et sont régulièrement présentés comme une source de financement stratégique.

Pourtant, un paradoxe demeure. Comment convaincre davantage de Camerounais de revenir investir lorsque certains investisseurs dénoncent encore un environnement des affaires marqué par des lenteurs administratives, une insécurité juridique, des difficultés d’accès au financement ou encore des conflits avec les administrations publiques ?

Le débat a récemment été relancé par les prises de position de l’entrepreneure camerounaise Rebecca Enonchong. Figure reconnue de la tech africaine, elle a publiquement dénoncé les difficultés rencontrées par plusieurs entrepreneurs et investisseurs au Cameroun, appelant à des réformes profondes pour améliorer le climat des affaires. Ses déclarations ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, ravivant une interrogation récurrente : le Cameroun offre-t-il réellement un environnement favorable aux investisseurs qu’il souhaite attirer ?

La réunion entre le ministère des Finances et l’OIM montre que les autorités sont conscientes du potentiel économique de la migration. Mais transformer ce potentiel en investissements durables ne dépendra pas uniquement de programmes d’accompagnement ou de partenariats internationaux.

La confiance reste la principale monnaie d’échange. Les membres de la diaspora ne recherchent pas seulement des incitations financières. Ils attendent également des règles claires, des procédures transparentes, une meilleure protection des investissements et un environnement où l’entrepreneuriat peut prospérer sans obstacles administratifs excessifs.

Faire de la migration un levier de développement est une ambition légitime. Mais pour qu’elle produise les résultats espérés, elle devra s’accompagner d’un climat des affaires capable de convaincre les Camerounais de l’étranger que leur retour constitue une opportunité plutôt qu’un risque. Au-delà des discours, c’est désormais la capacité des institutions à instaurer cette confiance qui déterminera si la diaspora répondra, ou non, aux nouveaux appels du gouvernement.

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