Home PolitiqueAfrique🇨🇲 Cameroun | Répression politique contre Maurice Kamto: Moussa Njoya conteste la thèse d’une « bamiphobie »

🇨🇲 Cameroun | Répression politique contre Maurice Kamto: Moussa Njoya conteste la thèse d’une « bamiphobie »

Le politologue Moussa Njoya remet en cause l’idée selon laquelle les difficultés politiques rencontrées par Maurice Kamto s’expliqueraient systématiquement par une hostilité visant les Bamiléké. Dans une publication sur Facebook, il estime que la répression politique au Cameroun dépasse les appartenances ethniques et s’inscrit, selon lui, dans une histoire plus ancienne de répression des opposants au pouvoir.

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Par Hajer Elina

Dans sa publication intitulée « De quelle Bamiphobie parle-t-on ? », Moussa Njoya interpelle ceux qui établissent un lien direct entre le traitement politique réservé à Maurice Kamto et ce qu’ils qualifient de « bamiphobie ».

Le politologue cite plusieurs personnalités originaires de l’Ouest qu’il présente comme faisant partie des adversaires les plus déterminés de Maurice Kamto. Il mentionne notamment Jean Nkuete, Théodore Datouo, Luc Sindjoun, Emmanuel Nganou Djoumessi, Célestine Ketcha Courtès et Madeleine Tchuinté.

Pour Moussa Njoya, l’appartenance ethnique ne permet donc pas, à elle seule, d’expliquer les rapports de force politiques autour de Maurice Kamto.

« Il s’agit juste d’une répression dictatoriale tout à fait “ordinaire” comme nous la vivons dans ce pays depuis les années 1950 ».

écrit-il.

Il soutient que des responsables politiques, intellectuels et opposants provenant de différentes régions et communautés camerounaises ont été confrontés, à différentes périodes, à la répression. Il cite notamment Mongo Beti, Abel Eyinga, Fabien Eboussi Boulaga, Charles Ateba Eyene, Engelbert Mveng, Jean-Marc Ela et René Philombe.

Moussa Njoya résume sa lecture de la situation par une autre formule : « Et très souvent, nos plus grands oppresseurs sont nos “frères” du village ! »

La question de la « bamiphobie » occupe depuis plusieurs années une place importante dans le débat politique camerounais, particulièrement autour de Maurice Kamto et du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). Après l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, dont les résultats officiels avaient donné Paul Biya vainqueur et Maurice Kamto deuxième, les tensions politiques se sont fortement accentuées.

En janvier 2019, Maurice Kamto et plusieurs cadres et militants du Mrc avaient été arrêtés à la suite des « marches blanches » organisées pour contester les résultats de la présidentielle et dénoncer notamment la gestion de la crise dans les régions anglophones. Kamto et plusieurs de ses proches avaient passé près de neuf mois en détention avant leur libération en octobre 2019, après l’arrêt des poursuites décidé par le pouvoir.

Depuis, le débat sur l’ethnicisation de la confrontation politique s’est régulièrement invité dans l’espace public et sur les médias sociaux. Des responsables du MRC, des militants et plusieurs personnalités de la société civile ont dénoncé des discours hostiles aux Bamiléké et estimé que certaines attaques visant Maurice Kamto et ses soutiens dépassaient le simple affrontement politique.

La question a de nouveau pris de l’ampleur en 2026 dans le contexte des tensions internes et politiques entourant Maurice Kamto et le Mrc. Dans une lettre rendue publique depuis la prison centrale de Kondengui, Alain Fogué, cadre du parti, a notamment dénoncé ce qu’il présente comme une combinaison de « bamiphobie » et de « kamtophobie » destinée à marginaliser politiquement Maurice Kamto et ses partisans.

C’est précisément cette grille de lecture que Moussa Njoya conteste dans sa publication. Sans nier l’existence de discours ou d’actes à caractère tribal au Cameroun, il refuse de considérer l’appartenance bamiléké de Maurice Kamto comme l’explication centrale de la répression politique dont celui-ci et ses partisans disent être victimes.

Pour le politologue, le problème est d’abord celui du fonctionnement du système politique camerounais et de son rapport historique à la contestation, indépendamment de l’origine ethnique de ceux qui s’opposent au pouvoir.

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