Par Ilyass Chirac Poumié
La sortie de Cabral Libii sur la vice-présidence provoque une nouvelle confrontation politique. Quelques heures après l’appel du député du PCRN à Paul Biya pour qu’il pourvoie le poste créé par la révision constitutionnelle de 2026, Christian Ntimbane Bomo lui apporte une réponse particulièrement critique.
Le président exécutif du parti Héritage conteste d’abord l’argument selon lequel la nomination d’un vice-président permettrait d’assister davantage le chef de l’État dans l’exercice de ses fonctions.
Christian Ntimbane Bomo soutient que les difficultés évoquées par Cabral Libii, notamment les féminicides, l’affaire Martinez Zogo ou le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature, ne seraient pas automatiquement résolues par la désignation d’un vice-président.
Il s’interroge également sur la nécessité de confier des pouvoirs à ce dernier alors que le Premier ministre et les membres du gouvernement peuvent, selon les dispositions constitutionnelles qu’il invoque, recevoir certaines délégations du président de la République.
Mais l’essentiel de sa critique porte sur la succession présidentielle.
Christian Ntimbane Bomo affirme que la proposition de Cabral Libii pourrait permettre à un vice-président nommé par Paul Biya de devenir son successeur constitutionnel dans les circonstances prévues par les nouvelles dispositions institutionnelles. Il présente cette perspective comme une possible succession « de gré à gré » et accuse son adversaire politique d’en faire indirectement la promotion.
Cette interprétation relève de l’analyse politique et juridique de Christian Ntimbane Bomo. Cabral Libii présente, pour sa part, sa proposition comme un moyen de sécuriser le fonctionnement des institutions et le magistère présidentiel. Il considère le vice-président comme un auxiliaire constitutionnel du chef de l’État dont les compétences s’exerceraient dans le cadre prévu par la Constitution.
Christian Ntimbane Bomo met enfin en garde contre les tensions politiques que pourrait, selon lui, provoquer la nomination d’un vice-président dans le contexte actuel. Il estime qu’une partie de la population pourrait considérer une éventuelle transmission du pouvoir par ce mécanisme comme une exclusion du processus électoral.
Le président du parti Héritage conclut sa déclaration en défendant une autre option : il appelle Paul Biya à démissionner plutôt qu’à procéder à la nomination d’un vice-président.
Le débat entre les deux responsables politiques n’est pas nouveau. En août 2026, Christian Ntimbane Bomo avait déjà contesté l’interprétation de Cabral Libii sur les règles de saisine du Conseil constitutionnel en cas d’empêchement définitif du président de la République.
