Par Armand Soussia
Le gouvernement de Pretoria a rappelé mercredi l’ambassadeur des États‑Unis en Afrique du Sud, Leo Brent Bozell III, pour qu’il s’explique sur des propos jugés « non diplomatiques » tenus à l’occasion d’une rencontre avec des chefs d’entreprise à Hermanus.
Lors de cette intervention, le diplomate américain a vivement critiqué certains aspects de la politique sud‑africaine, notamment les relations de Pretoria avec l’Iran, ainsi que les lois d’action affirmative destinées à corriger les inégalités raciales historiques. Il a aussi qualifié d’« incitation à la haine » un chant historique de lutte contre l’apartheid, malgré le fait que les juridictions sud‑africaines aient jugé que ce chant devait être compris dans son contexte historique et politique. Face à ces critiques, Ronald Lamola, ministre sud‑africain des Relations internationales, a souligné que, bien que son pays soit attaché au dialogue diplomatique, « toutes les discussions doivent respecter les protocoles internationaux » et ne pas remettre en question la souveraineté du pays.
Après cette convocation, l’ambassadeur Bozell a exprimé ses regrets pour certains de ses propos et a formulé des excuses, précisant que son intention n’était pas de nuire aux relations bilatérales.
Ce nouvel épisode intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre Washington et Pretoria depuis le retour au pouvoir du président Donald Trump, marqué par des désaccords sur des questions commerciales, diplomatiques et de politique intérieure, ainsi que par des critiques mutuelles sur la gestion de dossiers sensibles.
