Par Hajer Elina
La procédure judiciaire relative à l’assassinat du journaliste Martinez Zogo a enregistré un important rebondissement devant le Tribunal militaire. À la barre Paul Daizy Biya, un témoin cléde, présenté comme proche de certains protagonistes du dossier et intermwithédiaire présumé, a livré des déclarations détaillant les coulisses de l’affaire.
Selon ce témoignage, des enregistrements audio et vidéo auraient été volontairement supprimés, tandis qu’une campagne de désinformation aurait été orchestrée sur les réseaux sociaux à l’aide de faux profils, avec des personnes rémunérées pour défendre certains suspects et réclamer leur libération.
Le témoin affirme également que Martinez Zogo avait refusé toute négociation et détenait des documents compromettants faisant état de marchés frauduleux attribués à des entreprises proches de hauts responsables, notamment au sein de la présidence de la République. Ces documents auraient motivé des menaces explicites, allant jusqu’à annoncer que toute action contre le journaliste serait menée « sans pitié ».
L’audience a aussi mis en lumière des échanges
téléphoniques présentés comme des preuves de liens étroits entre certains accusés, malgré leurs dénégations publiques. Des expertises techniques auraient confirmé l’existence de communications régulières, y compris des messages à caractère menaçant adressés à Martinez Zogo avant sa mort.
Enfin, la défense de certains mis en cause a suscité l’indignation dans la salle, après que des demandes de mise en liberté ont été justifiées par la proximité des fêtes de fin d’année et la volonté de les passer en famille, moyennant la confiscation des passeports. Une posture perçue par de nombreux observateurs comme un signe de banalisation de faits d’une extrême gravité.
Martinez Zogo, journaliste et animateur radio, a été enlevé, torturé puis assassiné en janvier 2023. Son meurtre a provoqué une vive émotion nationale et internationale, mettant en cause des responsables sécuritaires et des acteurs influents. Le procès, très suivi par l’opinion publique, est devenu un symbole des enjeux de justice, de gouvernance et de liberté de la presse au Cameroun.
