Par Joël Onana
Une séquence vidéo devenue virale montre des individus présentés comme des milices armées d’éleveurs Mbororo déclarant publiquement leur intention de mener des représailles violentes contre des populations civiles dans les régions anglophones du Cameroun. Ces menaces font suite à des exactions attribuées à des milices sécessionnistes, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par de fortes tensions.
Cette dynamique de représailles communautaires, observée sous un climat de faiblesse de l’autorité publique, constitue une menace grave pour la protection des civils, la cohésion sociale et le respect de l’État de droit. Des observateurs locaux alertent sur le risque d’un engrenage de violences ciblant des communautés sur la base de leur appartenance réelle ou supposée.
Les principes fondamentaux du droit interdisent toute attaque contre des civils et proscrivent la substitution de groupes armés non étatiques aux forces de sécurité. Laisser se développer de telles pratiques reviendrait à normaliser la justice privée, l’impunité et des crimes à caractère communautaire.
Face à cette situation, des appels pressants sont lancés en direction des autorités sécuritaires et judiciaires afin qu’elles reprennent le contrôle, assurent la protection effective des populations et réaffirment le principe de non-participation des forces publiques à des groupes armés non étatiques.
Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont confrontées depuis plusieurs années à un conflit opposant les forces gouvernementales à des groupes séparatistes armés. Le conflit a entraîné des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et une multiplication d’actes de violences communautaires, exacerbant les tensions entre groupes locaux, notamment autour des questions foncières et pastorales.
