Par Hajer Elina
Le consortium d’organisations de la société civile engagé dans la campagne « No Babies Behind Bars » affirme que des mères détenues avec leurs nourrissons à la prison centrale de Bamenda totalisent déjà près de 180 jours de détention arbitraire. Les faits remontent au 24 juin 2025, date à laquelle sept civils non armés, dont deux mères accompagnées de bébés âgés de trois et quatre mois, ont été arrêtés dans le village de Bamessing, dans le département de Ngoketunjia.
Selon les organisations signataires, ces arrestations ont été menées sans mandat par des éléments des forces de défense et de sécurité camerounaises, à la suite de l’enlèvement temporaire de civils par un groupe séparatiste armé. Les personnes interpellées, présentées comme des membres de la famille d’un chef séparatiste, n’auraient joué aucun rôle dans les faits reprochés.
Le consortium dénonce des conditions de détention inhumaines, des actes de torture, ainsi qu’une garde à vue prolongée avant le déferrement des détenus devant le tribunal militaire de Bamenda.
Les sept civils ont ensuite été placés en détention provisoire pour des chefs d’accusation tels que non-dénonciation, recel de malfaiteurs et défaut de carte nationale d’identité.
Malgré plusieurs actions engagées, dont une plainte déposée contre des responsables administratifs et sécuritaires, des requêtes en remise en liberté et le lancement d’une campagne internationale de plaidoyer, aucune suite judiciaire concrète n’a été observée à ce jour, selon les organisations. Une récente mission de vérification a par ailleurs relevé que les mères et leurs bébés demeurent détenus dans des conditions jugées déplorables.
Le consortium exige la libération immédiate et inconditionnelle des mères et de leurs enfants, ainsi que des autres civils concernés, et appelle les autorités camerounaises à mettre un terme aux arrestations illégales et à la détention arbitraire des femmes allaitantes et des nourrissons.
La région du Nord-Ouest du Cameroun est en proie depuis plusieurs années à un conflit armé opposant forces gouvernementales et groupes séparatistes. Dans ce contexte, des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme alertent régulièrement sur des violations présumées, notamment des arrestations arbitraires, des actes de torture et des atteintes aux droits des femmes et des enfants, en contradiction avec les engagements internationaux ratifiés par l’État du Cameroun.
