Par Hajer Elina
De Paris à Washington, de Johannesburg à Montréal, ils sont des centaines de milliers de Camerounais vivant en exil ou dans la diaspora à exprimer le même espoir: voir le régime actuellement en place à Yaoundé quitter le pouvoir afin de permettre un retour massif au pays.
Sur Facebook et sur X, des messages se multiplient, comparant la situation camerounaise à celle du Venezuela avant la chute de Nicolás Maduro. Certains Camerounais interpellent directement le président américain Donald Trump, l’exhortant à « libérer le Cameroun » comme il l’aurait fait, selon eux, à Caracas.
Hey @realDonaldTrump & @SecRubio
— Justice for #SouthernCameroons Ambazonia (@WestCameroons) January 3, 2026
What about dictator Paul Biya of French Cameroon?#is he better than Maduro? pic.twitter.com/QEJlaoCJcP
À Berlin, Paul Ndzié, ingénieur en informatique installé en Allemagne depuis dix ans, affirme qu’il rêve de rentrer à Douala. « Je ne suis pas parti par plaisir. Tant que le système actuel est là, rentrer serait un suicide professionnel et parfois même physique », confie-t-il.
À New York, Clarisse Boyomo, aide-soignante d’origine camerounaise, explique suivre avec émotion les images du Venezuela. « Voir des exilés rentrer chez eux me fait pleurer. Nous aussi, nous voulons retrouver nos familles sans peur », dit-elle.
Même discours à Johannesburg, où Alain Tchaptchet, entrepreneur dans le bâtiment, estime que « le Cameroun est vidé de ses forces vives ». Selon lui, « un changement politique ouvrirait immédiatement la voie à un retour massif et à la reconstruction du pays ».
À Montréal, Sandrine Fouda, étudiante en sciences politiques, observe une mobilisation croissante sur les réseaux sociaux. « Beaucoup pensent que la pression internationale est la seule issue. Ils voient Trump comme un symbole de rupture, même si cela reste très controversé », analyse-t-elle.
Cette aspiration au retour, nourrie par l’exemple vénézuélien, traduit un profond malaise au sein de la diaspora camerounaise, partagée entre attachement au pays natal et crainte d’un système jugé verrouillé.
Depuis plusieurs décennies, le Cameroun connaît une émigration importante liée à des facteurs économiques, politiques et sécuritaires. La diaspora camerounaise, estimée à plusieurs millions de personnes, joue un rôle actif dans le débat public à travers les réseaux sociaux. Les récents événements au Venezuela ont ravivé les comparaisons et renforcé, chez de nombreux exilés camerounais, l’idée qu’un changement de régime serait la condition préalable à un retour durable et sécurisé au pays.
