Par Joseph OLINGA N.
Pour les élections des conseillers régionaux, les militants et cadres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans la région du Sud ont, pour la plupart, opposé une fin de non recevoir aux consignes de vote édictées par des personnalités logées au comité central de cette formation politique. Résultats des courses, les élections prévues le 16 décembre ont été reporté ce 17 décembre. Exit le fait du report de ces élections qui pourrait être minoré, l’opposition de la base du Rdpc aux injonctions formulées dans des bureaux feutrés de Yaoundé illustre une réalité que semblent relativiser certains hiérarques de cette formation politique, habitués à imposer leur vision au détriment de la masse militante. Surtout, elle met en relief un désaveu populaire qui s’exprime de manière public au sein du Rdpc. Une révolte envers des élites coupées de la base qui, à l’observation, prend ses racines dans la région du Sud. Une base électorales considérée comme le socle granitique du Rdpc dont le président national, Paul Biya est originaire.
Le message de la présidentielle
Habitués à imposer leurs candidats à la base, les hiérarques du Rdpc ignorent la grogne qui s’est installé au sein de leur formation politique. Une révolte ouverte dont les conséquences sont plus que perceptible pour les observateurs du fonctionnement et des résultats de cette formation politique. En partant de 71% de score glanés lors de l’élection présidentielle de 2018 pour le très contesté score de 53% obtenu lors de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier, les stratèges du Rdpc, en lieu d’insister sur leurs postures et habitudes auraient dû faire un aggiornamento. Pour tout au moins considérer que ce résultat traduit en grande partie le désaveu de leur base militante.
Les évènements du 16 décembre dernier, dans les régions de l’Est et, surtout, du Sud devraient interpeller les “patrons” du Rdpc sur la réalité d’une base militante en rupture franche avec sa classe dirigeante. Il est de notoriété que l’expression de ce désaveu vis-à-vis de la hiérarchie trouve son lit dans la région d’origine du président national de cette formation politique. Une région où les militants n’entendent plus se faire lire les hautes instructions et les plis fermés émanant des officines réfugiés derrières le principe réfuté de la discipline du parti.
Les candidats de la base
L’observation de l’ambiance qui règne au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais et les postures manifestes de nombreux de ses militants ne cadrent plus avec la discipline du parti, souvent évoquée pour justifier les instructions au forcep de certains cadres. Elle appelle plutôt à une observance stricte des règles démocratiques au sein même de cette formation politique. Tout laisse penser que l’ignorance de certains thuriféraires de cette réalité creuse inéluctablement le lit d’un échec plus retentissant du parti de Paul Biya lors des élections municipales et législatives prévues dans quelques mois. Des échéances électorales au cours desquelles la base militante entend soutenir les candidats qu’elle s’est librement choisie.
