Par Ross Hill
Quelques semaines après l’entrée en vigueur d’une interdiction de voyage visant initialement 19 pays, l’administration du président Donald Trump aurait engagé, dès le mois de juin, un réexamen concernant 36 pays supplémentaires, parmi lesquels figure le Cameroun.
D’après un câble interne du Département de la Sécurité intérieure (DHS) adressé au Département d’État et cité par l’agence Reuters, ces 36 pays ont été identifiés comme des « pays de préoccupation » susceptibles de faire l’objet d’une suspension totale ou partielle d’entrée aux États-Unis s’ils ne satisfont pas à certains critères dans un délai de 60 jours.
La liste inclurait plus de deux douzaines de pays africains, ainsi que des États d’Asie centrale et du Sud-Est, des Caraïbes et du Pacifique Sud. Les autorités américaines reprocheraient notamment à ces pays des insuffisances en matière de sécurité et de fiabilité des passeports, des cas récurrents de dépassement de durée de visa par leurs ressortissants, ainsi que des actes de terrorisme commis sur le sol américain par des nationaux de certains de ces États.
Le Cameroun, dirigé par le président Paul Biya, âgé de 92 ans, se retrouve ainsi cité dans un contexte diplomatique sensible, marqué par un durcissement assumé de la politique migratoire américaine. À ce stade, aucune décision formelle n’a été annoncée quant à l’application effective de sanctions migratoires à l’encontre des pays concernés.
Le travel ban constitue l’un des piliers de la politique migratoire défendue par Donald Trump, visant à restreindre l’entrée aux États-Unis de ressortissants de pays jugés à risque sur le plan sécuritaire. Depuis sa première mise en œuvre, cette mesure a suscité de vives critiques au niveau international et de nombreux recours judiciaires.
L’éventuelle extension à de nouveaux pays, dont le Cameroun, s’inscrit dans cette logique de contrôle renforcé des flux migratoires et de pression diplomatique sur les États jugés non conformes aux exigences américaines.
