Par Ilyass Chirac Poumie
Cette présence militaire vise à rassurer les familles et à maintenir l’activité scolaire dans une région où de nombreux établissements ont été incendiés ou fermés ces dernières années à cause des attaques. Depuis le début de l’insurrection en 2013, des centaines d’écoles ont été détruites dans l’Extrême-Nord, privant des milliers d’enfants d’éducation et fragilisant davantage une région déjà marquée par la pauvreté et les déplacements forcés.
À Watatoufou comme dans d’autres localités du Mayo-Tsanaga, la scolarisation des enfants est devenue un défi quotidien. Les enseignants exercent souvent sous escorte, et les parents hésitent parfois à envoyer leurs enfants en classe par peur des enlèvements ou des attaques. Malgré ces conditions précaires, les autorités locales et les responsables religieux multiplient les efforts pour maintenir l’école ouverte, considérée comme un rempart essentiel contre l’endoctrinement et le recrutement des jeunes par les groupes armés.
La rentrée de cette année illustre ainsi la résilience des communautés, qui continuent de croire en l’éducation comme outil de résistance et d’espoir, même au cœur de l’insécurité.
