Par Armand Soussia
Le président élu Issa Tchiroma Bakary a réagi ce 1er décembre 2025 à la mort d’Anicet Ekane, survenue en détention, dans un message officiel empreint d’émotion et de fermeté. Il qualifie cette disparition de « mort inacceptable » et y voit l’illustration d’un système devenu, selon lui, incapable d’autre langage que « la brutalité » et « l’humiliation ».
Selon Issa Tchiroma Bakary, rien, depuis l’arrestation d’Ekane il y a plus de trente-huit jours, n’a respecté le cadre légal. Il rappelle que le chauffeur puis le neveu du leader politique ont été interpellés sans fondement pour servir d’appâts, et insiste sur le fait que les autorités étaient informées des affections respiratoires graves de la victime. Malgré cela, affirme-t-il, les soins nécessaires lui ont été refusés, ses appareils d’oxygénation confisqués, et les alertes de ses avocats comme de sa famille totalement ignorées.
Pour Issa Tchiroma Bakary, Anicet Ekane n’est pas mort de manière naturelle : « on l’a empêché de vivre ». Il salue une « voix libre », un « pionnier », l’un des architectes de la transition démocratique, rappelant que l’intéressé avait initié en 2025 la plateforme Union pour le Changement (UPC) réunissant société civile et partis politiques au sein d’une coalition inédite.
Le président élu souligne que la victoire électorale obtenue cette année est aussi le fruit du travail d’Ekane, qu’il décrit comme
« un repère » et « une boussole morale ». Il assure que son nom restera inscrit « dans la pierre de la reconstruction » et que son sacrifice « ne sera pas vain ».
Tchiroma Bakary élargit enfin sa dénonciation, estimant que la disparition d’Ekane traduit une politique visant à faire de la prison « l’unique réponse au débat d’idées ». Il appelle les familles de prisonniers politiques à tenir bon et prévient que la Nation, éveillée par ce drame, ne reculera plus.
Anicet Ekane, figure politique camerounaise et président du Manidem, est décédé en détention dansw des circonstances qui suscitent une vague d’indignation. Son décès intervient dans un contexte de tensions politiques accrues et de multiples dénonciations d’arrestations jugées arbitraires et de violations des droits fondamentaux.
