Par Joël Onana
Le décès d’Anicet Ekane continue de susciter des réactions fortes. Le journaliste et analyste politique Jean Bruno Tagne a publié un message accusateur dans lequel il estime que « le crime est signé ». Selon lui, lors de la cérémonie traditionnelle du nsil awu, il faudra impérativement répondre aux questions fondamentales : qui a arrêté Ekane pour son soutien à un candidat à la présidentielle, qui l’a maintenu en détention malgré sa maladie chronique, qui a confisqué son extracteur d’oxygène, et pourquoi l’accès à des soins hospitaliers adéquats lui a été refusé.
Pour Jean Bruno Tagne, les responsables de la mort d’Ekane ne font aucun doute :
« les assassins d’Ekane sont connus », écrit-il, avant de saluer la mémoire du « combattant ».
Dans un autre registre mais avec la même gravité, l’artiste engagé André Marie Talla a rendu un hommage empreint d’émotion. Il compare la mort d’Anicet Ekane à un épisode tragique de l’histoire camerounaise : l’exécution d’Ernest Ouandié le 15 janvier 1971, à laquelle il dit avoir assisté jeune. Pour lui, cette disparition rappelle le prix payé par de nombreux nationalistes et doit servir de leçon à la jeunesse : « seule la lutte libère ».
L’artiste exprime sa profonde tristesse et appelle au recueillement, estimant que le départ d’Ekane ravive une mémoire collective de résistance.
Anicet Georges Ekane, figure politique camerounaise, est décédé en détention le 1er décembre 2025 dans des conditions largement dénoncées par la classe politique, la société civile et plusieurs personnalités publiques. Son décès intervient dans un contexte de tensions politiques marquées, ravivant des comparaisons avec les luttes historiques pour la démocratie et la souveraineté au Cameroun.
