Par Ilyass Chirac Poumie
Dans une interview exclusive accordée à Panorama Papers jeudi, Muna Ekane a frontalement mis en cause les propos de Jean de Dieu Momo. Le ministre délégué à la Justice, qui s’est présenté comme « camarade de lutte » d’Anicet Ekane, et qui avait récemment rendu publics des éléments du dossier médical du défunt, sans l’autorisation de la famille.
ECOUTER L’INTERVIEW EN INTEGRLITÉ:
Muna Ekane dénonce une communication «fausse, illegale» et précise que la diffusion d’informations médicales d’un détenu décédé est, selon lui, non seulement inappropriée mais également non conforme aux règles de confidentialité. Il s’étonne également d’une affirmation du ministre selon laquelle l’un des fils du défunt lui aurait rendu visite en détention.
« Pourriez-vous nous communiquer l’identité de ce fils inconnu de la famille, afin qu’il soit associé à l’organisation des obsèques ? »
demande-t-il, mettant en doute la véracité de cette déclaration et réclamant une clarification immédiate.
Au cours de l’entretien, Muna Ekane adresse également une question directe au ministre : « Viendrez-vous aux obsèques ? Vous imaginez bien évidemment mon avis sur le sujet… » Une manière d’exprimer clairement son indignation face à ce qu’il qualifie de manipulation et d’irrespect envers la mémoire de son père.
Georges Théodore Anicet Ekane, figure majeure du combat nationaliste, est décédé en détention dans des circonstances qui continuent d’alimenter les accusations d’assassinat politique. Sa famille, ses camarades de lutte et plusieurs organisations de la société civile dénoncent des conditions de détention inhumaines et un traitement politique ciblé. Les déclarations de Jean de Dieu Momo sont venues attiser la controverse, renforçant les appels à la transparence sur les circonstances exactes de la mort du leader du MANIDEM.
