Par Serge Aimé BIKOI
Outre l’Undp, l’homme a marqué l’histoire du champ politique camerounais après avoir fait ses classes dans les rangs du Social democratic front (Sdf) du temps de feu Chairman Ni John Fru Ndi, ainsi que dans l’Alliance des forces progressistes(Afp), parti né des dissensions internes au Sdf.
Issu d’une famille biologique enracinée dans le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), dont le père, Maidadi Saidou, a été préfet, gouverneur et ministre de la République sous les régimes Ahidjo et Biya, Maidadi Saidou Yaya, le fils, a choisi une voix contraire à celle de son géniteur, embrassant un militantisme politique iconoclaste à l’encontre du pouvoir de Yaoundé. Le natif du département de la Benoué a entamé sa carrière politique au sein du Social democratic front (Sdf), la principale formation politique de l’opposition camerounaise de l’époque, à laquelle il adhère en octobre 1992. Maidadi Saidou Yaya en devient une figure de proue occupant, notamment, le poste de premier vice-président national du parti de 1999 à 2002. Mais à cause des différends idéologiques avec le chairman Ni John Fru Ndi, il quitte le Sdf en juillet 2002. Maidadi Saidou Yaya fonde, un mois plus tard, l’Alliance des forces progressistes (Afp), un parti de gauche visant à réhabiliter la politique au Cameroun et à mobiliser les citoyens autour des droits civiques. Les founding fathers de l’Afp sont, en réalité, des dissidents du Sdf, au rang desquels figurent Epacka, Pahai et Tchwenko. L’homme politique s’est impliqué dans la structuration de l’Afp lors du premier conseil national tenu en mars 2004 à Douala. En 2006, Maidadi cède le parti à Bernard Achuo Muna pour en devenir le Secrétaire général.
En 2013, l’ancien fondateur de l’Afp quitte ce parti et intègre l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp). L’homme politique faisait partie des progressistes d’une Undp en perte de poids, mais dont la jeune garde tenait à relever le défi d’une renaissance au lendemain de la dernière élection présidentielle, qui a vu Bello Bouba Maigari, son président national, mordre la poussière derrière Paul Biya et Issa Tchiroma Bakary. Depuis la présidentielle de 2011, le parti bouillonne de l’intérieur, mais peine à changer de cap, affaibli par une alliance gouvernementale avec le parti au pouvoir, dont les dividendes, selon certains cadres à l’interne, revenaient au leader national. Sauf que Bello Bouba n’a pas pu satisfaire les attentes et espoirs d’un peuple qui a soif de changement. Dans ce contexte, Maidadi, en restant un proche et soutien de Bello Bouba, admettait que l’avenir est à reconstruire et se risquait, de surcroît, à un exercice de proposition de mécanismes d’action pour la mutation de l’Undp.
La présence de Maidadi Saidou Yaya dans l’espace médiatique camerounais était suffisamment régulière pour qu’il soit devenu un visage familier non pas celui d’un élu ou d’un dirigeant de premier plan, mais celui d’un militant formé, articulé et présent. C’était un baroudeur de l’écosystème politique camerounais, un débatteur public formé à la défense d’une ligne partisane. Son franc-parler était visible. Sa maîtrise des sujets politiques reconnue. Présent émission après émission, sur les mêmes enjeux avec la même rigueur, Maidadi avait construit une originalité argumentative que bien de formations politiques peinent à produire : une voix cohérente audible et crédible.
