Par Arlette Akoumou Nga
Les deux anciens responsables avaient été exclus du Parti communiste chinois en 2024 avant l’ouverture des procédures judiciaires. Selon les autorités, les condamnations pourront être commuées en prison à vie si aucun autre crime n’est commis durant la période de sursis.
Âgé de 72 ans, Wei Fenghe a dirigé le ministère chinois de la Défense entre 2018 et 2023 après une longue carrière au sein de l’Armée populaire de libération, notamment dans les secteurs des missiles et des acquisitions militaires. Il avait été sanctionné par les États-Unis après l’achat d’équipements militaires russes par Pékin. Son successeur, Li Shangfu, avait ensuite été démis de ses fonctions en 2024 dans un contexte de vaste purge au sein de l’appareil militaire chinois.
Ces verdicts s’inscrivent dans la campagne anticorruption menée depuis plus d’une décennie par le président chinois Xi Jinping contre les hauts responsables civils et militaires. Les autorités présentent cette politique comme une opération destinée à assainir les institutions de l’État et l’armée.
Plusieurs critiques du pouvoir chinois estiment toutefois que cette campagne a également permis à Xi Jinping de renforcer son contrôle politique et d’écarter des figures influentes considérées comme rivales au sein du système.
La Chine applique régulièrement la peine de mort avec sursis dans les grandes affaires de corruption impliquant des hauts responsables. Ce mécanisme prévoit généralement une commutation automatique en réclusion à perpétuité après deux ans en l’absence de nouvelles infractions. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, Xi Jinping a lancé une vaste campagne anticorruption ayant visé des milliers de cadres du Parti communiste, des dirigeants économiques et plusieurs officiers supérieurs de l’armée chinoise.
