Par Félix C. Ebolé Bola
Une autopsie a été réalisée mercredi sur le corps du président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), Anicet Georges Ekane, alors que sa famille y était opposée, a indiqué Radio France internationale (Rfi) le lendemain matin.
Citant une source ayant requis l’anonymat, ce média indique que «la célérité de cette procédure d’autopsie était quasi obligatoire sur le plan médical, notamment afin de garantir la fiabilité des résultats. L’autre option, indique la même source, aurait été de traiter la dépouille au formol, mais elle aurait compliqué l’autopsie ultérieure et aurait rendu les prélèvements sanguins moins sûrs».
L’opération précise Rfi, a été instruite par le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Yaoundé, la capitale, alors que la famille annonçait une concertation en vue de désigner ses propres médecins légistes, qui accompagneraient ceux désignés par les autorités.
C’est le chef de l’État, a-t-on annoncé, qui a «immédiatement» prescrit l’ouverture d’une enquête destinée à déterminer, de manière «précise et objective», les causes réelles du décès de l’opposant.
A la suite de la disparition d’Anicet Ekane, le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, avait publié un communiqué dans lequel l’on apprenait que l’homme a été interpellé le 24 octobre dans la métropole économique, Douala, et souffrait de plusieurs pathologies, et qu’il est décédé des suites de maladie alors qu’il se trouvait en garde à vue au centre médical militaire de la gendarmerie nationale à Yaoundé.
Le gouvernement s’est ainsi dit pleinement conscient de la douleur ressentie par la famille du défunt et par les militants du Manidem.
Les autorités locales ont également affirmé que le disparu a bénéficié «de soins appropriés», prodigués à la fois par des médecins militaires et ses propres médecins personnels, durant toute la durée de sa garde à vue.
