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Cameroun > État de la lutte contre la corruption: Plus de quatre milliards de Fcfa en fumée en 2024

Selon les chiffres rendus publics par le président de la Commission nationale anti-corruption ce mercredi, 27 août au palais des congrès de Yaoundé, le préjudice financier subi par l'État du Cameroun, au terme des enquêtes de la Conac, des décisions du Conseil de discipline budgétaire et financière et de celles du Tcs (Tribunal criminel spécial), est évalué, en 2024, à quatre milliards soixante un million huit cent six mille sept cent onze Fcfa. Ce montant était de cent quatorze milliards trente-cinq millions neuf cent quatre-vingt deux cinq cent deux Fcfa en 2023, soit une diminution de 109 milliards 974 millions 115 mille 791 Fcfa.

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Par Serge Aimé BIKOI

Le rapport 2024 sur l’état de la lutte contre la corruption résulte, de manière globale, de l’exploitation de 105 contributions reçue de deux institutions de contrôle, de trois organes de régulation, de 14 juridictions, de 31 départements ministériels, de 44 établissements et entreprises publics, de six Collectivités territoriales décentralisées(Ctd), de quatre Organisations de la société civile(Osc) et d’une organisation du secteur privé. Pour le rapport 2023, la Conac avait reçu 84 contributions. La Conac constate, dès lors, une augmentation de 21 contributions. Cette progression est, indique Dieudonné Massi-Gams, essentiellement due aux établissements et entreprises publics dont les contributions sont passées de 27 à 44.

Si l’on constate une régression par rapport à 2023 et ses 114 milliards de préjudice, la corruption continue de gangrener les sentiers de l’économie camerounaise. Entre-temps, des administrations publiques récalcitrantes refusent toujours de collaborer avec la Conac. En effet, deux départements ministériels et assimilés, qui n’avaient pas transmis leurs rapports d’activités de lutte contre la corruption à cet organe en 2023 l’ont fait en 2024. Il s’agit du ministère de l’Agriculture et du Développement rural(Minader) et de la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn). Toutefois, le président de la Conac déplore que les correspondances adressées à certains départements ministériels pour recueillir leurs contributions soient restées sans suite. Il cite, notamment, le cas des ministères de l’Administration territoriale (Minat), de la Communication (Mincom), de l’Eau et de l’Energie (Minee), de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded) et des Transports (Mintransports). Il s’agit là des cinq départements ministériels qui manifestent leur refus de collaboration.

Pour Massi-Gams, cette situation est préoccupante en ce qui concerne le Minat, le Mincom et le Minee, dont l’absence avait été déjà relevée dans le rapport 2023. Le même constat concerne les autorités religieuses, notamment la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, le Conseil des églises protestantes du Cameroun et le Conseil supérieur islamique du Cameroun. Il relève que ces institutions sont, pourtant, considérées comme des piliers d’intégrité dans la stratégie nationale de lutte contre la corruption au regard de leur importance dans le processus de restauration morale de la société camerounaise en proie à des dérives de toutes natures.

De plus, la Conac n’a pas reçu le rapport des activités de l’Agence nationale d’investigation financière en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux comme il est pourtant de tradition depuis quelques années. La Conac se réjouit, en revanche, d’avoir, à nouveau, reçu du Procureur général près le Tribunal criminel spécial(Tcs) l’état de la restitution du corps du délit dans le cadre des procédures qui étaient en cours au sein de cette juridiction et du Directeur général de la Société de recouvrement des créances (Src) du Cameroun, l’état du recouvrement des créances issues des condamnations pécuniaires au profit de l’État du Cameroun. D. Massi-Gams déplore enfin que les Collectivités territoriales décentralisées, la société civile et le secteur privé ne soient pas suffisamment représentés dans le rapport 2024 sur l’état de la lutte contre la corruption, document qui constitue la vitrine des efforts déployés dans l’ensemble des secteurs d’activités pour endiguer les poches de corruption au Cameroun. Pour y remédier, cet organe se propose d’organiser, dans les prochains jours, des ateliers d’imprégnation à la lutte contre ce fléau à l’intention des exécutifs municipaux et régionaux en collaboration avec le ministère de la Décentralisation et du Développement local(Mindel).

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