Par Eric Boniface Tchouakeu
Sur les 83 dossiers de candidats à la candidature déposés à la Direction Générale de l’organe électoral à la suite de la convocation du corps électoral en vue du scrutin présidentiel le 11 juillet dernier, seulement 13 ont été retenus. Le Président sortant Paul Biya, 92 ans dont presque 43 au pouvoir sans interruption fait partie des candidats, tout comme les autres ténors de l’opposition à l’exception du principal opposant, Maurice Kamto, recalé à ce stade par Elecam au motif de « pluralité d’investiture par le Manidem », entendez Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie, le parti politique qui l’a investi.
Les membres de la coalition qui le soutient, ont annoncé qu’un recours sera déposé devant le Conseil Constitutionnel pour contester la décision de l’organe électoral. En dehors de Maurice Kamto, Dieudonné Yebga lui aussi investi par le Manidem dont il revendique le leadership, a aussi fait savoir qu’il contestera devant la justice constitutionnelle sa mise à l’écart par Elecam. Plusieurs des 70 candidats recalés et autres acteurs intéressés devraient faire de même.
Il convient de relever que l’article 125 (1) du Code électoral dispose que :
« Le Conseil Electoral peut accepter ou déclarer irrecevable une candidature. »
Alinéa 2 :
« La notification de la décision motivée du rejet d’une candidature est faite à l’intéressé par le Directeur Général des Elections. Une copie de ladite décision est immédiatement communiquée au Conseil Constitutionnel. »
Et enfin l’article 125 (3) dispose que :
« La décision de rejet d’une candidature ou celle portant publication des candidatures peut faire l’objet d’un recours devant le Conseil Constitutionnel, dans des conditions fixées par les articles 128,129 et 130 »
du code électoral
L’article 129 par exemple dispose que :
« Les contestations ou les réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures , ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés par un candidat sont soumises à l’examen du Conseil Constitutionnel par tout candidat, tout parti politique, ayant pris part à l’élection, ou toute personne ayant la qualité d’agent du Gouvernement pour ladite élection, dans un délai maximum de deux (02) jours suivant la publication des candidatures. »
Le 28 juillet 2025 est donc la date butoir pour les dépôts des requêtes au Conseil Constitutionnel, consécutives à la publication de la liste des candidats au prochain scrutin présidentiel retenus par ElecamIl est également important de noter que plus loin, l’article 131(1) du code électoral indique qu’
«en cas de contestations ou réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures, ainsi que celles relatives à la couleur, au sigle ou au symbole adoptés par un candidat, le Conseil Constitutionnel saisi statue dans un délai maximum de dix (10) jours suivant le dépôt de la requête.”
La haute juridiction aura donc jusqu’au 07 août 2025 au plus tard pour se prononcer sur toutes le requêtes reçues. Et on aura alors la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle de 2025.
Enfin en terme de dispositions légales utiles, relevons aussi que l’article 136 du code électoral dispose que :
« Les décisions du Conseil Constitutionnel relatives aux opérations électorales, aux résultats des élections et aux candidatures ne sont susceptibles d’aucun recours. »
Il ne reste plus qu’à souhaiter que la juridiction tranche les cas qui lui seront soumis en toute objectivité.
