Par Iliassou NCHINGOU
Dans la région de l’Ouest, la farine fabriquée localement ne séduit pas encore les consommateurs. Les produits importés s’imposent toujours au détriment de ceux du terroir. Pourtant, cette matière première produite en abondance depuis la crise russo-ukrainienne est indispensable dans les pâtisseries. Ici, on y retrouve plusieurs variétés telles que la farine de manioc, de macabo, de patate voire même du maïs. Malheureusement, son utilisation dans les boulangeries et autres structures demeure mitigée. Dans le premier cas à savoir les boulangeries, plusieurs raisons de ce refus sont avancées. « Nous avons essayé au début, mais ça ne ne sert à rien de prendre un produit qui va faire fuire les clients. Alors, nous avons décidé de faire avec les farines de l’autre côté », affirme Philippe Medjou, responsable d’une boulangerie. Parallèlement, le manque de certification est l’une des causes de la méfiance. « Le domaine est très sensible. Nous avons les producteurs qui nous ont présentés leurs produits qui n’ont aucun document certifiant ce qu’ils nous proposent. Alors, nous n’y pouvons rien », déclare Fabrice N. Propriétaire.
Pourtant, à Dschang, un groupe des jeunes a mis sur pied avec l’appui des partenaires de l’Etat, une structure spécialisée dans la transformation. Malheureusement, peine à écouler leur produit. « La farine de patate peine à s’imposer sur le marché. Le faible coût de la farine de blé importée constitue un obstacle majeur. Notre farine, produite localement avec des coûts de transformation plus élevés, reste moins compétitive en termes de prix », s’indigne Leonel Wandji, jeune entrepreneur. Face à l’obstacle d’écoulement de leur produit issu de la patate, ils fabriquent eux-mêmes leurs gâteaux, pains, croquettes etc. et les proposent dans les grandes surfaces. Malgré ces difficultés, les producteurs demeurent déterminés à promouvoir une alimentation locale, durable et porteuse d’avenir. Enfin, pour favoriser véritablement la production et la consommation des produits locaux, un accompagnement institutionnel s’avère essentiel.
Les produits locaux ont besoin d’un engagement collectif.
