Par Joseph Ndzie Effa
Une guerre ouverte qui paralyse le fonctionnement de l’institution étatique à la veille de la tenue d’un conseil de direction. Le personnel pris entre deux feux appelle le chef de l’État à sévir contre les multiples dérives qui replongent l’Epab dans ses années sombres.
C’est sous un climat social sous haute tension que vont se tenir, ce jeudi, 20 novembre 2025, les travaux d’un conseil de gestion de l’Ecole pratique d’agriculture de Binguela, situé dans l’arrondissement de Mbankomo, département de la Mefou et Akono, région du Centre. Deux factions se livrent délibérément une guerre intense. Il y a, d’un côté, le directeur et son ”cercle à mange tout” comme il est appelé ici, et, de l’autre côté, l’agent comptable qui résiste. Au centre de la discorde, plusieurs griefs allant des fautes de gestion aux détournements des fonds publics. Tenez par exemple! Autorisé à se rendre au Brésil pour une mission du 23 mars au 5 avril 2025 ( environ 13 jours) pour prendre part à la mission de mobilisation de partenariat à ” l’inauguration de la nouvelle usine SAO Braz”, le directeur de l’Epab, Gilbert Ngoumou, accompagné de deux de ses collaborateurs dont Etienne Yann Yves Nkodo, chef du service coopération et surtout Stéphanie Marie Laure Boukem epse Ndo, dont le titre pour être du voyage a été falsifié passant de chef de service des engagements et de la comptabilité à chef service des enseignements peut-on lire sur l’autorisation de sortie collective du territoire signé par le gouverneur de la région du Centre.
D’après une source interne, le directeur, Gilbert Ngoumou, réclamerait le payement des frais de cette mission à hauteur de 20 millions de Fcfa, 15 millions pour le chef service de la coopération et 7 millions pour la seule dame de la bande, soit 42 millions de Fcfa au total. Un payement bloqué par l’agent comptable, soufle la même source exacerbant les frictions entre le directeur et l’agent du ministère des Finances(Minfi). Des avantages à tête chercheuse. Une décision de mai 2025, notamment la décision N°2025/000002/CAPEF/Epab/CG du 23 mai 2025 portant révision de la rémunération mensuelle du directeur de l’Epab/Itap est aussi l’un des points d’achoppement. Dans un tableau récapitulatif (en annexe) le salaire du directeur est passé de 2 millions 342 milles 857 Fcfa à 3 millions 450.000 Fcfa, largement supérieur à celui de ses différents prédécesseurs. D’après les langues qui se délient au sein de l’établissement, pour entériner la forfaiture, celui-ci a aussi fait passer le montant des indemnités mensuelles du président du conseil de gestion qui n’est nulle autre que le président de la Capef de 837.143F à 1.500 000 Fcfa à la même date du 23 mai 2025, témoigne le document dont nous avons obtenu copie.
Parmi les autres dénonciations, figurent un recrutement de plus de 40 personnels tous membres de l’église du directeur dont il est le pasteur à des postes juteux au sein de l’établissement public; des recrutements effectués au détriment des jeunes de la communauté locale qui, au sein de l’Epab, sont confinés à des tâches de subalternes (agents d’entretien, agents de sécurité); la masse salariale de l’Ecole pratique d’agriculture de Binguela a presque aujourd’hui doublé.
Située à plus de 300 millions sous l’ère Melokol Nathalie epse Evina Ndo, l’ancienne dirigeante, elle caracole les 600 millions de Fcfa sur 800 millions de Fcfa de subvention de l’État, s’indigne un haut responsable de la structure qui a requis l’anonymat. Créée en 1962, l’Ecole pratique d’agriculture de Binguela (Epab) est l’une des plus anciennes écoles de formation agricole au Cameroun. En février dernier, l’établissement a reçu l’autorisation provisoire de création et d’ouverture d’Institut privé d’enseignement supérieur (Ipes) du ministre de l’Enseignement supérieur(Minesup), sous l’appellation Institut des technologies agricoles de Binguela (Itab), entité privée installée à l’Epab. Après une période progressive de décollage de cette entité publique, l’on redoute ici de revoir l’Epab sombrer de nouveau au moment où s’ouvre le septennat du président de la République avec pour priorité la formation de la jeunesse et la lutte contre le chômage qui mine à plus de 35%, selon les données de la Banque mondiale, le fer de lance de la nation. Il est important de souligner ici que toutes nos tentatives visant à avoir la version des fais du directeur, Gilbert Ngoumou, ont été vaines. Ce dernier ayant ignoré nos correspondances et appels téléphoniques.
