Par Mon’Esse
Les entreprises Piccini (Italie) et Magil Construction (Canada), qui se sont succédés sur le chantier de construction du complexe sportif camerounais d’Olembé, revendiquent un cumul de 267 milliards de francs au titre d’indemnisations, selon le Rapport de certification du compte général de l’État 2024 de la Chambre des comptes consulté jeudi par la rédaction.
Les deux entreprises, qui réclament respectivement 250 milliards et 17 milliards, ont ainsi traîné l’Etat devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), basé à Washington et rattaché à la Banque mondiale, et devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (Cci) de Paris.
Le complexe d’Olembé, rappelle-t-on, partiellement inauguré en janvier 2022 pour accueillir la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football, ambitionnait de doter la capitale camerounaise, Yaoundé, d’un stade multifonctionnel de 60.000 places doté d’un hôtel, d’un centre commercial, d’un gymnase et d’une piscine olympique.
Le chantier a été abandonné depuis lors, et Piccini indique avoir été abusivement évincée du marché alors que son contrat, d’un montant initial de 163 milliards de francs, restait pleinement exécutable.
Pour la partie camerounaise, l’entrepreneur a été convaincu de manquements majeurs dans la conduite des travaux, les retards accumulés par cette entreprise menaçant la tenue de la Can qui a eu lieu en 2021.
Quant à Magil Construction Corporation, qui a repris le chantier après le départ de Piccini, il soutient que l’État camerounais a bloqué les financements pour la poursuite des travaux, alors qu’elle avait scrupuleusement respecté ses obligations contractuelles avant de résilier elle-même le contrat, pour non-libération des fonds convenus.
Selon Yaoundé, Magil a perçu 42 milliards de francs sur ce chantier, une somme considérée comme nettement supérieure aux 22 milliards de francs prévus au départ, 38 milliards de cette enveloppe provenant d’un prêt contracté auprès de la Standard Chartered Bank.
En février, rappelle-t-on, le Cameroun fut déjà condamné par la Cci à verser 15 milliards de francs à Magil.
