Par Sandra Embollo
La mission diplomatique américaine à Yaoundé a publié sur sa page Facebook un bref message félicitant le président Paul Biya à l’occasion de son investiture. Le texte, signé « United States Mission Cameroon », réaffirme l’engagement de Washington à poursuivre un partenariat « solide et constructif » avec le Cameroun pour la paix, la sécurité et la prospérité des deux peuples.
« Les États-Unis félicitent le président Paul Biya pour son investiture. Nous sommes impatients de poursuivre notre solide partenariat avec le Cameroun afin de faire progresser nos objectifs communs, tels que la paix et la sécurité régionales ainsi que la prospérité de nos deux peuples », peut-on lire dans la publication datée du 6 novembre 2025.
Cependant, ce message n’a pas été relayé sur les autres canaux institutionnels habituels du gouvernement américain. Ni le site officiel de l’ambassade à Yaoundé, ni celui du Département d’État à Washington n’en font mention. Cette absence alimente les spéculations sur la nature du message : s’agit-il d’une simple communication protocolaire de circonstance, ou d’une publication isolée non accompagnée d’un communiqué diplomatique formel ?
Le contraste est d’autant plus remarqué que les États-Unis avaient jusqu’ici gardé le silence sur le processus électoral camerounais, marqué par des contestations et des accusations de fraudes massives. Plusieurs organisations civiles et mouvements de la diaspora, dont Project C, ont dénoncé la légitimité de l’investiture du président Biya, estimant qu’elle ne reflète pas la volonté populaire issue du scrutin du 12 octobre 2025.
Selon des analystes politiques, cette communication ambiguë pourrait traduire la prudence diplomatique de Washington, soucieuse de préserver la stabilité régionale et ses intérêts sécuritaires dans le bassin du lac Tchad, tout en évitant d’apparaître comme validant un processus électoral controversé. Les États-Unis et le Cameroun entretiennent depuis plusieurs décennies un partenariat stratégique, notamment dans les domaines de la sécurité régionale, de la santé publique, de la lutte contre Boko Haram et de la promotion du commerce. Washington s’est souvent montré critique vis-à-vis de la gouvernance et du respect des droits de l’homme au Cameroun, mais a privilégié une approche pragmatique fondée sur la coopération sécuritaire et le maintien de la stabilité en Afrique centrale.
