Par Arlette Akoumou Nga
Le collectif des avocats représentant Issa Tchiroma Bakary, président du Front pour le Salut National du Cameroun (Fsnc) et candidat à la présidentielle du 12 octobre 2025, a publié un communiqué dans lequel il interpelle directement le corps diplomatique accrédité au Cameroun. Les juristes demandent une réaction urgente de la communauté internationale face à ce qu’ils qualifient de « confiscation du vote populaire ».
Les avocats formulent quatre principales exigences :
- La suspension du processus de prestation de serment, tant qu’un audit électoral international indépendant n’aura pas été conduit ;
- La libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes arrêtées pour avoir contesté les résultats du scrutin ;
- L’ouverture d’une mission d’établissement des faits sur les violences et violations des droits humains commises depuis le 12 octobre ;
- La reconnaissance du droit du peuple camerounais à contester le pouvoir « sans être exterminé pour cela ».
Dans un ton à la fois juridique et politique, le collectif affirme que la situation actuelle du pays appelle à une réaction ferme de la communauté internationale :
« Quand un régime ment à ce point, c’est qu’il sait que la vérité peut le tuer. Quand un État tue pour rester debout, c’est qu’il est déjà à genoux », écrivent-ils.
Le texte se conclut sur un avertissement adressé aux partenaires étrangers du Cameroun :
« Nous ne vous disons pas ce qu’il faut faire. Nous vous disons ce qui va se passer si vous ne faites rien. Et lorsque viendra le jour du bilan, que chacun se souvienne : le droit aura parlé. Pour la République. Pour le droit. Pour le peuple. »
Cette déclaration intervient alors que Paul Biya a prêté serment le 6 novembre pour un nouveau mandat, malgré les contestations internes et les accusations de fraude électorale émises par plusieurs formations politiques, dont le Fsnc.
Le collectif des avocats d’Issa Tchiroma s’est constitué au lendemain de la proclamation controversée des résultats de la présidentielle du 12 octobre 2025. Tchiroma, qui revendique sa victoire, a vu plusieurs de ses partisans interpellés lors des manifestations post-électorales.
Depuis, le climat politique reste tendu, marqué par des appels au dialogue, mais aussi par la répression des mouvements de contestation. Plusieurs observateurs internationaux ont exprimé leurs inquiétudes quant à la transparence du scrutin et au respect des libertés fondamentales.
