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Cameroun | Journée internationale de la presse: Journalistes tués, emprisonnés ou contraints à l’exil

Au Cameroun, la Journée mondiale de la liberté de la presse met en lumière une réalité alarmante : le journalisme s’exerce sous la menace constante, entre assassinats, détentions, exils forcés et multiplication des procédures judiciaires.

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Par Ilyass Chirac Poumie

Au Cameroun, dirigé par Paul Biya, la Journée internationale de la presse du 3 mai 2026 se déroule dans un climat de peur et de répression accrue contre les professionnels des médias. Le métier de journaliste y apparaît désormais comme l’un des plus exposés aux risques, tant physiques que judiciaires.

Ces dernières années, plusieurs journalistes ont perdu la vie dans des circonstances violentes, marquant durablement la profession. L’assassinat de Martinez Zogo en 2023 reste l’un des symboles les plus frappants de cette dérive. Enlevé, torturé puis tué, ce journaliste d’investigation a illustré le niveau extrême de danger auquel sont confrontés ceux qui traitent de sujets sensibles.

Parallèlement, de nombreux journalistes croupissent en prison. Des arrestations régulières visent des professionnels accusés d’atteinte à la sûreté de l’État, de diffusion de fausses nouvelles ou encore de diffamation. Ces détentions prolongées, souvent dénoncées par Reporters sans frontières, participent à instaurer un climat de dissuasion et d’intimidation.

D’autres journalistes ont été contraints de fuir le pays. Face aux menaces, aux pressions et aux risques d’arrestation, plusieurs figures médiatiques choisissent l’exil pour continuer à exercer librement leur métier. Cet exode fragilise davantage un paysage médiatique déjà sous tension. À cela s’ajoute une judiciarisation croissante de la profession. Les procès contre des journalistes se multiplient devant les tribunaux, souvent pour des motifs liés à leurs publications. Ces procédures, longues et coûteuses, servent de levier pour faire taire les voix critiques et encouragent l’autocensure dans les rédactions.
Dans les régions en crise, notamment dans les zones anglophones, les journalistes sont pris entre les forces en présence et les groupes armés, accentuant encore leur vulnérabilité. Couvrir l’actualité dans ces zones expose directement à des représailles.

Le Cameroun dispose d’une tradition médiatique ancienne, portée par des figures comme Pius Njawé. Toutefois, la dégradation progressive de l’environnement sécuritaire et politique a profondément transformé l’exercice du métier.

Entre assassinats, emprisonnements, exils forcés et pression judiciaire, la liberté de la presse recule de manière significative. Dans ce contexte, la Journée internationale de la presse prend une dimension particulière : elle rappelle que, dans ce pays, informer expose désormais à des risques majeurs.

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