Par Ilyass Chirac Poumie
Réuni en session extraordinaire le 31 août à Yaoundé, le comité de coordination du Corec a décidé de lancer trois mouvements successifs : une « opération craie morte » du 8 au 12 septembre, une « opération école morte » du 15 au 17 septembre et, à partir du 6 octobre, une phase d’intensification baptisée « Éducation en berne », en synergie avec le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes).
Lors de la première étape, les enseignants accueilleront les élèves dans les établissements mais ne dispenseront aucun cours, préférant expliquer les raisons du mouvement. La deuxième phase consistera en une cessation totale des activités, tandis que la troisième, prévue après la Journée mondiale des enseignants du 5 octobre, marquera un durcissement national de la protestation.
Le Corec justifie ce mot d’ordre par ce qu’il qualifie de « mépris profond et inertie coupable » du gouvernement.
« Le refus systématique de poser les actes politiques et financiers indispensables à la résolution de la crise équivaut à sacrifier l’avenir de huit millions d’enfants sur l’autel de l’immobilisme »,
dénonce le collectif.
Selon le Corec, cette « faillite politique » se traduit par une école en crise où « 72 % des élèves sortent du primaire sans maîtriser la lecture et le calcul », et par un sous-investissement chronique qui « gaspille 60 % du potentiel productif de la jeunesse ». Les enseignants affirment ne plus pouvoir se taire face à ce qu’ils qualifient de « naufrage organisé » et appellent leurs collègues à une mobilisation générale pour « la survie de l’école camerounaise ».
