Par Ilyass Chirac Poumie
Le complexe sportif Paul Biya d’Olembe, qui avait accueilli en janvier 2022 la cérémonie d’ouverture de la Can 2021, est aujourd’hui laissé à l’abandon. Envahi par la broussaille et marqué par une dégradation visible de ses installations, y compris l’hôtel cinq étoiles intégré au projet, le site donne l’image d’une infrastructure sans entretien ni véritable exploitation.
Avec un coût estimé à environ 213 milliards de Fcfa, le complexe figure parmi les stades les plus chers d’Afrique. Un montant qui continue de susciter indignation et incompréhension, d’autant plus que l’infrastructure ne génère pas, à ce jour, les retombées économiques et sportives annoncées.
Dans un pays confronté à des pénuries d’eau potable, à des coupures d’électricité récurrentes, à la dégradation du réseau routier et aux difficultés du système hospitalier, l’état du complexe d’Olembe alimente un débat plus large sur les priorités budgétaires et la gestion des grands projets publics.
Sur les réseaux sociaux et au sein de l’opinion publique, de nombreuses voix dénoncent ce qu’elles considèrent comme un symbole du gaspillage des ressources publiques et de l’écart entre les investissements consentis et les besoins essentiels des populations.
Le complexe sportif Paul Biya d’Olembe a été construit dans le cadre des préparatifs de la Can 2021 organisée par le Cameroun. Il comprend un stade de plus de 60 000 places, des infrastructures annexes ainsi qu’un hôtel de luxe intégré au site. Initialement prévue en 2021, la compétition a été disputée en janvier et février 2022 en raison de la pandémie de Covid-19. Les autorités camerounaises présentaient alors le projet comme une vitrine du développement et de la modernisation des infrastructures sportives et touristiques du pays.
