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Cameroun | Le plaidoyer pour l’actualisation du découpage administratif du Noun relancé

Dans une longue tribune, Mimche Bengono Fadimatou Natacha, descendante du prince fondateur Nchare Yen, défend la nécessité d’un nouveau découpage administratif du département du Noun. Elle invoque des raisons historiques, culturelles et pratiques, dénonçant un déséquilibre hérité de l’époque coloniale.

by world top news
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Par Joël Onana

Le débat sur le découpage administratif du Noun refait surface avec force. Dans un plaidoyer largement relayé, Mimche Bengono Fadimatou Natacha rappelle qu’en novembre 1994 déjà, Sa Majesté Ibrahim Mbombo Njoya, Sultan Roi des Bamoun, avait porté un projet visant à réorganiser l’espace administratif de l’ancienne région Bamoun. Une initiative qui contredit, selon elle, les accusations récurrentes affirmant que le souverain aurait freiné l’érection du Noun en région, de peur d’y voir dilué son pouvoir traditionnel.

L auteure insiste au contraire sur la solidité du lien entre le peuple Bamoun et la dynastie royale, fondée en 1394 par le prince Nchare Yen. Quel que soit le nombre de chefs administratifs, affirme t elle, le Sultan Roi reste l’unique figure souveraine reconnue par les Bamoun.

Sur le plan historique, la tribune souligne que la région coloniale Bamoun, forte de 7687 kilomètres carrés, coexistait avec la région Bamileke, qui s’étendait sur 6203 kilomètres carrés. Après les indépendances, ces deux ensembles furent fusionnés pour constituer la province de l’Ouest. Mais tandis que l’ancienne région Bamileke a été progressivement éclatée en sept départements, l’aire Bamoun est demeurée figée en un seul, le Noun, avec les désavantages administratifs que cela suppose.

Pour Mimche Bengono Fadimatou Natacha, l’actualisation du découpage est donc un impératif d’équité et de justice historique. Elle invoque également des raisons pratiques. La vaste superficie du département rend la couverture du territoire par les services de l’Etat laborieuse et coûteuse. Le préfet du Noun, rappelle t elle, met en moyenne dix jours pour effectuer une tournée, quand ses homologues des départements voisins bouclent leurs visites en quarante huit heures. Les délégations départementales reçoivent les mêmes enveloppes budgétaires malgré des territoires à couvrir sans commune mesure.

L’auteure évoque aussi les concours administratifs dont les quotas sont fixés par département, créant selon elle une distorsion majeure pour les jeunes de l’ancienne région Bamoun. Les déséquilibres, affirme t elle, se répercutent jusque dans l’accès aux postes stratégiques et dans la représentation institutionnelle.

Ce plaidoyer, qu’elle présente comme un cri de détresse plutôt qu’un réquisitoire, invite à rouvrir un chantier que beaucoup considèrent comme un levier essentiel du développement local. Il relance un débat sensible, mêlant histoire, identité et gouvernance territoriale, dans une région où la question du découpage demeure indissociable de la place du royaume Bamoun dans l’architecture administrative nationale.

Le projet de reconfiguration administrative du Noun, initié sous l’impulsion du Sultan Roi des Bamoun dans les années quatre vingt dix, n’a jamais été officiellement relancé malgré les nombreuses revendications locales. Les partisans d’un éclatement du département estiment qu’une telle réforme permettrait de rapprocher les services de l’Etat des populations, de rééquilibrer les représentations et d’accélérer le développement économique. Les débats opposent régulièrement défenseurs de la tradition royale, administrations centrales et acteurs politiques régionaux.

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