Par Sandra Embollo
À compter du 1er août 2026, les autorités mèneront une campagne nationale d’audit visant à contrôler les activités de 51 sociétés minières ainsi que de 33 sites d’exploitation non enregistrés, dans le but de récupérer des centaines de milliards de francs CFA de recettes fiscales présumées perdues entre 2023 et 2025.
Cette opération intervient après la mise en évidence d’importantes incohérences entre les statistiques officielles du Cameroun et celles de certains pays importateurs. Selon les données disponibles, le Cameroun n’a déclaré que 22,3 kilogrammes d’or exportés en 2023, tandis que les Émirats arabes unis affirment avoir importé plus de 15 tonnes d’or en provenance du Cameroun sur la même période. Un écart spectaculaire qui alimente les soupçons de contrebande, de sous-déclaration des exportations et d’évasion fiscale.
Les contrôles porteront sur les déclarations fiscales des entreprises, les volumes réellement produits, les conditions d’exploitation des sites miniers ainsi que le paiement des taxes, redevances minières et droits de douane. Les autorités souhaitent également identifier les circuits d’exportation utilisés et établir les responsabilités en cas de fraude.
Selon les estimations, le manque à gagner pour l’État atteindrait 524 millions de dollars, soit près de 300 milliards de francs CFA. Une somme que le Trésor public espère désormais recouvrer grâce à cette vaste campagne de vérification.
Cette initiative marque un durcissement de la politique gouvernementale dans un secteur régulièrement dénoncé pour son manque de traçabilité. Les autorités affichent leur volonté de mieux encadrer l’exploitation des ressources minières, de lutter contre les réseaux de contrebande et de garantir que les richesses aurifères du pays contribuent effectivement aux finances publiques et au développement économique national.
