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Cameroun | Mort d’Anicet Ekane: La journaliste Angie Forbin dénonce une cruauté d’État

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Par Sandra Embollo

Quarante huit heures après l’annonce de la mort d’Anicet Ekane, le Cameroun demeure sous le choc. Dans un long texte publié sur sa page Facebook, la journaliste Angie Forbin décrit une succession d’actes de cruauté et de décisions politiques qu’elle estime arbitraires et dénuées d’humanité. Selon elle, la disparition de la figure nationaliste de 74 ans illustre la dérive d’un système qui ne tolère plus la dissidence.

Dans son récit, Angie Forbin affirme que le pouvoir a d’abord manipulé la direction du MANIDEM en propulsant un ancien militant à sa tête pour empêcher la candidature soutenue par Anicet Ekane lors de la dernière présidentielle. Elle décrit ensuite l’arrestation à Douala du leader politique, sans mandat d’emmener, puis son transfert vers Yaounde, qu’elle présente comme la ville où sont concentrés les leviers de la répression.

La journaliste insiste sur l’état de santé fragile d’Anicet Ekane et sur la nécessité vitale de son extracteur d’oxygène. Selon elle, cet appareil lui aurait été retiré et son accès refusé durant trois semaines malgré les demandes répétées de ses avocats. Angie Forbin soutient que cette privation a précipité l’asphyxie d’un homme affaibli par les années de lutte et par sa détention.

Elle rapporte également des propos attribués au ministre de l’administration territoriale, selon lesquels les demandes d’aide médicale auraient été accueillies avec mépris. Pour Angie Forbin, cette attitude illustre un mode de gouvernance fondé sur la brutalité, où l’opposant politique est perçu comme un ennemi à briser.

La journaliste dénonce aussi les pressions exercées après le décès, notamment la volonté d’imposer une autopsie qu’elle juge biaisée et destinée à protéger les autorités. Elle évoque enfin les restrictions autour du siège du MANIDEM, empêchant la famille, les militants et les sympathisants de rendre hommage à celui qui fut l’un des héritiers de l’école nationaliste de Ruben Um Nyobe.

Selon Angie Forbin, la mort d’Anicet Ekane révèle une fracture au sein du pouvoir entre une aile dure et une aile plus policée mais, affirme-t-elle, identique dans ses méthodes. Elle décrit un homme respecté, intègre, resté fidèle à ses convictions malgré les pressions, et dont la disparition expose la fragilité d’un système politique âgé de plus de quarante ans. Anicet Georges Ekane, fondateur du MANIDEM et figure de la gauche nationaliste camerounaise, est décédé le premier décembre dans une garnison militaire. Son arrestation, les accusations portées contre lui et la gestion de sa santé sont au centre d’une vive polémique.
La publication de la journaliste Angie Forbin intervient dans un contexte de contestation croissante autour des conditions de détention des opposants et de la responsabilité des autorités dans cette mort. Son texte a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, alimentant un débat national sur la répression politique.

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