Par Joseph OLINGA N.
La correspondance signée du Collectif des intellectuels, universitaires, artistes, journalistes et acteurs engagés de la société civile camerounaise est sans ambiguïté. Pour le collectif, la mort d’Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie “n’est pas un accident. C’est une décision politique.”
Sur la base des témoignages des avocats maîtres Dorcas Nkomgne, Laurie Meboung, Charlotte Tchakounte ainsi que les déclarations du porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, le collectif affirme que les causes de la mort d’Anicet Ekane sont: l’interdiction d’accès dont il a été victime, l’émission d’ordres contradictoires au sein des forces de sécurité, la détention prolongée hors cadre légal, l’absence de soins de santé appropriés ainsi que l’obstruction systématique de son droit à la défense.
La dénonciation du Collectif des intellectuels, universitaires, artistes, journalistes et acteurs engagés de la société civile camerounaise évoque aussi les propos du ministre de l’administration territoriale qui, selon les témoignages des avocats a soutenu que “Pour celui-là, s’il pouvait même mourir et nous laisser le Cameroun en paix…S’il meurt, je serai le premier à lui acheter un cercueil.”
Le Collectif soutient que, sur la base des informations publiques et concordantes, la chaîne de commandement de la mort tragique d’Anicet Ekane est constitué de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République, Paul Atanga Nji, ministre de l’administration territoriale, Galax Etoga, secrétaire d’État à la défense en charge de la gendarmerie et le colonel Otoulou. Des raisons pour le Collectif de déduire que la mort d’Anicet Ekane est “un décès qui engage la responsabilité de l’État.”
