Par Joseph OLINGA N.
Le Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc) va participer aux élections municipales et législatives qui devraient se tenir entre mai et août de l’année en cours. L’information est confirmée par ses proches qui expliquent que la décision qui apparaît comme revirement à 360 degrés du candidat contestataire des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier est la conséquence d’une réflexion menée en interne. En clair, explique l’un de nos interlocuteurs, “après tous les efforts consentis lors de l’élection présidentielle, le Fsnc ne peut pas ainsi délaisser la scène politique au profit d’un système qu’il peut modifier à travers la gouvernance des mairies et de l’assemblée nationale.”
Selon certains cadres du Front pour le salut national du Cameroun, il s’agit d’abord de “donner à tous les électeurs qui croient au changement les moyens d’impacter sur les prises de décisions publiques en accédant aux mairies et à l’Assemblée nationale.” Une éventualité que de nombreux observateurs pensent plausible, au regard des résultats obtenus par le candidat du Fsnc, certe porté par la coalition mise sur pied par l’Union pour le changement, lors de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Élections au terme de laquelle Issa Tchiroma Bakary a véhément contesté les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, indiquant par ailleurs que son parti ne prendrait pas part aux élections municipales et législatives. Une participation considérée comme une légitimation de l’arbitraire. Mais aussi une trahison des milliers de victimes de la contestation post-électorale qui a laissé de nombreuses victimes sur le carreau.
A la croisée des chemins du fait de son engagement à défendre “jusqu’au bout” les résultats revendiqués de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le leader du Front pour le salut national du Cameroun, Issa Tchiroma Bakary sait qu’il joue gros en décidant de rentrer dans l’arène pour les élections municipales et législatives. Le Fsnc qui a bénéficié du ralliement de nombreuses formations politiques lors de l’élection présidentielle sait aussi que le contexte n’est plus le même. Pour les élections municipales et législatives, la majorité de ses alliés d’hier ont décidé d’aller à l’abordage. Mais au sein du Fsnc, des voies appellent à l’observance du réalisme politique.
