Par Ilyass Chirac Poumie
La pétition citoyenne dénonçant un « coup d’État constitutionnel » continue de gagner du terrain, avec plus de 100 300 signatures recensées à ce jour, selon des révélations d’une source à Panorama Papers. Cette initiative, largement relayée dans l’opinion, s’inscrit dans une dynamique de contestation face aux évolutions institutionnelles en cours.
👉 La pétition est accessible ici : https://cameroon-petitions.com/�
Dans une analyse signée Angie Forbin, les pétitions citoyennes apparaissent comme un instrument à part entière du jeu démocratique, y compris lorsqu’elles ne disposent pas d’une portée juridique contraignante. Elles permettent de fédérer les citoyens, de structurer une contestation et d’exercer une pression directe sur les décideurs publics.
L’exemple de Suisse illustre cette réalité, où certaines pétitions peuvent conduire à l’organisation de référendums. En France, une mobilisation atteignant 100 000 signatures en moins de six mois impose l’examen des revendications par le Sénat. En 2018, le mouvement des « gilets jaunes » avait d’ailleurs contribué à faire reculer le président Emmanuel Macron sur la hausse de la taxe sur les carburants.
Au Cameroun, en revanche, la démarche fait l’objet de critiques ciblées, moins sur le fond que sur son initiateur présumé, Maurice Kamto. Une posture que dénonce implicitement Angie Forbin, qui souligne l’absence d’alternative proposée par les détracteurs de la pétition.
Dans un contexte où les manifestations pacifiques sont régulièrement associées à des risques de répression — violences policières, arrestations ou stigmatisation — la pétition apparaît comme une forme d’expression plus accessible, structurée et documentée. Sans être une solution miracle pour renverser l’ordre établi, elle constitue néanmoins, selon l’auteure, une démarche organisée permettant aux citoyens de « faire entendre leur voix » et de rester acteurs plutôt que spectateurs de la vie politique.
Elle traduit également une volonté de marquer un désaccord clair face à une révision constitutionnelle perçue comme controversée, notamment autour de la création d’un poste de vice-président.
Les pétitions citoyennes s’inscrivent dans les mécanismes modernes de participation démocratique. Leur impact varie selon les systèmes politiques, mais elles demeurent un outil de mobilisation collective et d’expression publique. Dans des contextes de restriction des libertés publiques, elles peuvent devenir un canal privilégié d’engagement civique, comme le souligne Angie Forbin dans son analyse.
