Par Ashton Glen
L’Ong Mandela Center International a dénoncé, dans une note d’information publiée le 6 avril 2026, la déportation présumée de 17 migrants africains depuis les États-Unis vers le Cameroun dans le cadre d’un accord qualifié de « secret » entre les deux États.
Selon l’organisation, ces demandeurs d’asile, originaires de plusieurs pays africains, seraient détenus depuis janvier 2026 dans un centre à Yaoundé, dans des conditions jugées « cruelles, inhumaines et dégradantes ». L’Ong affirme que ces personnes bénéficiaient pourtant de mesures de protection judiciaire américaines interdisant leur renvoi vers leurs pays d’origine, en raison de risques de persécution ou de torture.
D’après les révélations d’une source à Panorama Papers relayées dans le document, ces expulsions s’inscriraient dans une politique plus large de transferts de migrants vers des pays tiers, avec lesquels ils n’ont aucun lien direct. L’organisation évoque notamment des vols opérés depuis la Louisiane, au cours desquels les migrants auraient été transportés menottés et sans information préalable sur leur destination.
Le Mandela Center International affirme également qu’un financement de 30 millions de dollars aurait été versé par Washington à des programmes liés aux réfugiés au Cameroun, quelques jours avant les premières expulsions, ce qui, selon elle, renforcerait l’hypothèse d’un accord politique impliquant des contreparties financières.
L’Ong s’inquiète par ailleurs de l’absence d’accès aux détenus, aussi bien pour les avocats que pour les organisations indépendantes, et met en garde contre un risque imminent de refoulement vers les pays d’origine des migrants, en violation du principe international de non-refoulement.
Face à cette situation, Mandela Center International appelle les autorités camerounaises à mettre fin à toute expulsion forcée, à garantir l’accès à une procédure d’asile équitable et à ouvrir une enquête indépendante pour établir les responsabilités.
Le Cameroun est signataire de plusieurs conventions internationales encadrant la protection des réfugiés, dont la Convention de 1951 et le Protocole de 1967, qui consacrent le principe de non-refoulement. Ces instruments interdisent notamment le renvoi de toute personne vers un pays où elle risque des persécutions ou des traitements inhumains.
