Par Hajer Elina
Dans une sortie rendue publique, Vincent Sosthène Fouda a vivement réagi à la plainte pour propagation de fausses nouvelles introduite à son encontre par Sylvestre Ngouchinghe. L’universitaire et homme politique dénonce ce qu’il considère comme une dérive consistant à substituer l’argument ethnique au débat judiciaire.
Pour Vincent Sosthène Fouda, l’accusation de haine anti-bamiléké relève d’une « défaite de la pensée » et d’un réflexe de victimisation destiné, selon lui, à éluder les exigences de la justice. Il estime qu’au lieu de répondre sur le fond devant les institutions, certains acteurs choisiraient de se retrancher derrière leur appartenance communautaire.
Il rappelle qu’un responsable public, et a fortiori un sénateur, a le devoir de rendre compte devant la République et ne saurait transformer son statut ou son origine en protection contre toute interpellation judiciaire. Il met en garde contre ce qu’il qualifie de règne du soupçon ethnique, une posture qui, selon lui, affaiblit l’État de droit et mine la cohésion nationale.
Dans son propos, Vincent Sosthène Fouda insiste sur le caractère universel de la loi et de la dignité républicaine, estimant que leur remise en cause par des logiques identitaires constitue une atteinte grave aux fondements de la République. Il affirme que répondre à la justice ne saurait être perçu comme une humiliation, mais bien comme un devoir civique.
Il conclut sa déclaration par un appel à la justice dans l’affaire Marie Louisette Mballa Ntsama, rappelant que les principes qu’il défend s’appliquent à tous sans distinction.
La plainte pour propagation de fausses nouvelles déposée par Sylvestre Ngouchinghe contre Vincent Sosthène Fouda intervient dans un contexte de fortes tensions verbales et politiques, où les débats publics sont de plus en plus marqués par des accusations de stigmatisation communautaire. Cette affaire relance les discussions sur l’usage de l’argument identitaire dans les contentieux judiciaires et politiques au Cameroun.
