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Cameroun | Présidentielle 2025: Atanga Nji agite le spectre de la violence

Outre les dérives langagières usitées par le Minat, les interpellations et autres mobilisations des forces armées semblent de nature à radicaliser les populations déjà exsangues.

by world top news
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Par Joseph OLINGA N.

C’est une menace clairement formulée par le ministre de l’administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji qui suscite des inquiétudes chez les journalistes conviés à la conférence de presse qu’il organise ce 10 octobre à Yaoundé. Exit la littérature relative à la volonté du gouvernement de “favoriser” un climat de sérénité pendant et après le scrutin de ce 12 octobre, il apparaît très vite que la communication du Minat a pour objectif de museler et intimider les acteurs de l’opposition et les populations acquises à leur cause.

Sans préavis, le ministre de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji indique face aux caméras que “Il y a un candidat qui a dit qu’il va terminer la campagne dans sa région d’origine parce qu’il compte se cacher dans sa maison et déclarer qu’il a gagné les élections. Je tiens à lui rappeler que l’administration ira le pêcher chez lui s’il tente.” Selon le Minat, “La récréation se termine avec la campagne, à partir du 12 octobre au soir plus de tolérance pour la récréation.” Une dérive langagière qui ne laisse pas les journalistes indifférents.

Malgré l’ambiance quasi martial favorisée par le Minat dans la salle requise pour la conférence de presse, le journaliste Rodrigue Tongue réussira néanmoins à lui poser l’une des questions qui circule dans le panel. Une préoccupation liée à l’identité de “l’opposant” dont parle le sémillant Minat. D’autant plus que le portrait dressé par Paul Atanga Nji ne fait pas d’illusions sur l’identité du candidat du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), Issa Tchiroma Bakary, ancien membre du gouvernement qui bénéficie d’un ralliement populaire inattendue par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et ses supplétifs de l’administration. La question du journaliste, par ailleurs assumée par ses confrères porte aussi sur la posture de Paul Atanga Nji qui manifestement apparaît plus un soutien du candidat du Rdpc que ministre soumis à un minimum de recul.

Face à la posture, pour le moins partisane du ministre de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji, là question résonne avec insistance : “Est-ce que vous parlez de Tchiroma sans pouvoir l’assumer, par crainte?” De même que la question posée par tous les observateurs est évidemment : “Monsieur le ministre, pourquoi organiser des élections présidentielles au Cameroun à des centaines de milliards si vous le Minat, connaissez déjà le résultat ?”

La question est d’autant plus lancinante que les attitudes et postures du ministre de l’administration territoriale cache mal sa détermination a en découdre. Sous les ordres de Paul Atanga Nji, de multiples convocations, interpellations, incarcération et autres intimidations sont exécutés depuis la convocation du corps électoral. Le pic (pour le moment) est certainement la confrontation des nerfs vécue ce 11 octobre dans la ville de Garoua.

La ville dans laquelle est attendue le meeting de fin de campagne du candidat de l’Union pour le changement, Issa Tchiroma est prise d’assaut par un déploiement des forces armées qui sillonnent les artères provoquant l’ire des populations qui scandent le nom du candidat du Fsnc, Issa Tchiroma tout en exprimant le rejet du chef de l’Etat sortant, Paul Biya.

L’ambiance est telle que les réactions en circulation sur les plateformes électroniques ne font aucun doute sur la détermination des masses populaires à faire front aux menaces et intimidations orchestrées par le ministre de l’administration territoriale. Du coup, il découle une question: Que recherche Paul Atanga Nji ?

L’homme dont l’évocation ramène à la genèse de la crise qui perdure dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest aurait-il un agenda dont il est seul à maîtriser les contours? A travers un arrêté signé le 10 octobre dernier, le Minat met littéralement le Cameroun en État d’urgence. Au nom du mandat ministériel dont il bénéficie, le Minat a sacrifié les libertés fondamentales et la hiérarchie des normes juridiques à l’ivresse de la marge de pouvoir dont il bénéficie par procuration.

A quelques heures du scrutin du 12 octobre, outre le positionnement ouvertement partisan du ministre de l’administration territoriale en faveur du candidat du Rdpc, le zèle et la posture martiale de Paul Atanga Nji ne sont-ils pas de nature à surchauffer les esprits ?

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