Par Ilyass Chirac Poumie
À moins d’un mois de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, Cabral Libii a détaillé les grandes lignes de son projet politique dans une interview diffusée mercredi sur Radio France Internationale (Rfi). Le président du Pcrn a affirmé que sa première priorité, s’il est élu, sera le recouvrement des 11 700 milliards de Fcfa que la multinationale Glencore a reconnu devoir au Cameroun, mais dont le paiement serait bloqué par la corruption de certains agents publics.
« Cet argent est vital pour résoudre les urgences sociales et infrastructurelles »,
a-t-il insisté, annonçant un plan d’urgence doté de 2 milliards de Fcfa pour chaque commune afin de financer routes, hôpitaux, écoles et sécurité alimentaire.
Deuxième priorité affichée : une réforme institutionnelle en profondeur passant par l’adoption d’un fédéralisme de 25 régions, pour répondre à la diversité sociologique et à la crise anglophone. Cabral Libii propose aussi de renforcer l’armée avec des équipements modernes et des drones pour éradiquer l’insécurité dans le septentrion.
Face à Paul Biya et à la machine du Rdpc, qu’il accuse de préparer une « fraude électorale numérique » de deux millions de voix fictives, Cabral Libii appelle à la responsabilité individuelle des électeurs : voter massivement et surveiller les bureaux de vote.
Interrogé sur la candidature consensuelle de l’opposition portée par Issa Tchiroma Bakary, il a balayé l’idée, la qualifiant de « non-événement », tout en rappelant qu’il reste ouvert à une mutualisation autour d’un projet commun, d’une stratégie de surveillance et de critères clairs pour désigner un éventuel candidat unique.
Quant à Maurice Kamto, disqualifié par le Conseil constitutionnel, Cabral Libii estime que le leader du Mrc, malgré son silence, reste un acteur clé. Mais il prévient :
« Le combat pour le Cameroun est plus fort que nos blessures personnelles. »
